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L’informatique est devenue une science fondamentale: enseignons-la à Sciences-Po !

Lu dans Businessweek un article « Computer coding: not for geeks only » qui fait écho à un des billets récents de ce blog « « L’informatique est devenue une science fondamentale: enseignons-la dès la 6ème ».

Pour Businessweek,

« La programmation devient une élément fondamental du savoir, comme la lecture ou l’écriture… Des designers, des économistes, des docteurs et d’autres professions s’y mettent pour améliorer leur culture générale, comme on se met à l’espagnol ».

Des sites tels que Codecademy (créé par un jeune diplômé de Columbia en Sciences Politiques avec un investissement de 2,5 millions de dollars) enseignent à des non experts les techniques de développement de base.

Simultanément, la pression sur les élus augmente pour qu’ils acquièrent une compétence en informatique – ceci alors que le niveau des moyens des élus américains est à mon avis bien supérieur à celui des élus français. (1).

Certains cours de cours en ligne de Stanford s’adressent maintenant à plus de 100 000 étudiants ! Le nombre de diplômés en informatique dans les universités américaines a augmenté de 14% entre 2007 et 2009. (au contraire, en France, les options informatiques des grandes écoles où j’ai pu intervenir ont du mal à faire le plein – et de toutes façons, les élèves qui les choisissent veulent devenir chef de projet, pas développeur).

 


 

(1) La plupart des élus français, à tous les niveaux, ne connaissent rien au nouvelles technologies de l’information; les plus évolués sont encore tout fascinés par la vision de leur doigt qui glisse si gracieusement sur l’écran glacé de leur Iphone. Avoir un blog, un iPhone, un compte Tweeter ou (surtout !) avoir engagé de larges dépenses dans le domaine permet encore aujourd’hui à n’importe quel homme politique français d’être reconnu comme « progressiste », « expert » ou même « visionnaire ».
Sur les élus américains, voir voir le cas d’Obama.

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Les noms numériquement désuets des grandes écoles françaises

Alors qu’il y a aujourd’hui un consensus général pour tenter de mettre la France sur le chemin du numérique, il n’y a pas plus significatif des difficultés des grandes écoles d’ingénieurs à franchir le pas du numérique que leur nom.

Passe encore pour « Polytechnique », qui fait référence à une tradition scientifique généraliste (dont l’informatique reste malheureusement quasiment absente) ou pour « Normale Sup », dont le nom fait référence à une tradition historique.

Mais que dire des ridicules « Ecole des Mines » ou des « Ecole des Ponts », écoles généralistes par tradition qui font référence à des technologies du XIXè siècle dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne sont pas porteuses d’avenir, les mines ayant, je vous le rappelle, presque totalement disparu en France ?

En toute logique, ces écoles – au moins l’une d’entre elles – auraient, depuis longtemps, du être renommées quelque chose comme « Ecole du Génie Logiciel » ou « Ecole des technologies numériques » ou encore « Ecoles des réseaux ». Du moins, cela aurait été un signe « fort » et « puissant » de les appeler ainsi, comme disent nos politiques.

Même chose pour l’école Centrale (« Des Arts et Manufactures », on croit rêver !) qui gagnerait certainement à être renommée « Ecole des Périphériques », ce qui choquerait certainement les sensibilités de certains de mes camarades.

Même l’Ecole Nationale des Telecoms (« Sup Telecom »), censée être par nature proche des technologies numériques, n’a pas daigné intégrer le mot « Réseau » à son nom. Et pourtant, c’est bien au programme.

Vous pensez que tout ceci n’a pas d’importance ? Vous vous trompez, car malheureusement, les mots ont bien un sens. La réalité est que les matières numériques ne sont pas enseignées aux meilleurs scientifiques au niveau où elles devraient l’être, que le retard avec les pays anglo-saxons est immense et que la situation dure depuis 30 ans – j’en sais quelque chose pour être un diplômé des deux systèmes.

Ce décalage, qui a des conséquences immenses sur la compétitivité du pays est rarement évoqué. Pourtant, il est, à lui seul, responsable d’une bonne partie du déficit du commerce extérieur. Il y a des millions d’emplois à créer dans le numérique, et une bonne partie sont des emplois qui permettent d’exporter.

[A l'inverse, les écoles de commerce se précipitent dans une course au nouveau nom et au nouveau logo, cette course étant tout aussi ridicule, mais moins grave dans ses effets. Voir par exemple les nouvelles appellations "Audencia" (Sup de Co Nantes), "Skema" (Sup de Co Lille), dont le principal mérite sera sans doute d'avoir bien gavé quelques agences de com.

D'un côté, la tradition immobilise tout. De l'autre côté, l'absence de respect pour le fond permet tout.]

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L’informatique est devenue une science fondamentale: enseignons-la dès la 6ème.

Je suis frappé par la multiplication des investissements visant à faire utiliser les technologies numériques (tableaux interactifs, classes numériques… bref tout ce qui fait vivre Speechi) par les élèves et la quasi-absence, avant le niveau bac, des formations leur permettant de comprendre comment ces technologies sont développées – je parle de cours de programmation, de génie logiciel, d’algorithmie et d’architecture des ordinateurs, bref, de tout ce que les anglo-saxons recouvrent sous l’appellation « Computer Science ».

Faire plutôt qu'utiliserL’informatique est devenue la science la plus importante pour résoudre les problèmes cruciaux qui se posent à l’humanité, du développement durable à la faim dans le monde. Elle est devenue un levier peut être plus important encore que les mathématiques pour toutes les sciences, de la biologie à la physique et sans doute même pour tout ce qui ne peut pas encore être appelé science et est appelé un jour à le devenir (une bonne partie des sciences humaines).

De telles formations sont devenues indispensables pour comprendre le monde qui nous entoure. Elles font partie de la culture générale que devrait avoir tout bachelier qui se destine à faire des études supérieures (avec – et non pas contre – le latin, la philo, les maths…).

Il ne s’agit pas de créer une génération d’informaticiens, pas plus qu’il ne s’agissait de créer une génération de latinistes ou de mathématiciens. Simplement de créer des citoyens cultivés dans ce domaine, capables de comprendre et, pour les meilleurs, de créer les outils de demain. On n’obtient pas cet effet en faisant utiliser des IPADs aux élèves, mais en leur expliquant comment ils sont faits – pas plus qu’on ne formerait des cuisiniers en se contentant de leur faire manger des plats. L’informatique est devenue une science indispensable à l’honnête homme de notre temps, mais sa présence dans le socle scolaire commun est quasi-nulle.

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Un schtroumpf interactif universel.

Cette vidéo vaut vraiment le coup d’oeil… même si je ne sais pas quelles sont exactement les applications possibles…

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Les entrepreneurs finissent mal, en général.

Sur un plan purement personnel, la vie de Steve Jobs est, pour les français que nous sommes, une caricature du destin d’un patron aliéné par le travail. L’inventeur Steve Jobs, chassé de son entreprise en 1987, et revenu ensuite par la grande porte à la tête d’Apple, a cultivé à l’extrême l’obsession de l’effort, du secret, du contrôle, du pouvoir.

Sa réussite est exceptionnelle ; sa mort manque singulièrement d’originalité. Steve Jobs est décédé bien entendu d’un cancer- maladie emblématique, avec la crise cardiaque, de tous les entrepreneurs et cadres supérieurs.

Il y a tout juste un mois, se sachant depuis longtemps condamné, il était encore aux commandes d’Apple – tout ceci nous paraît tout à fait étrange en France, où l’augmentation du nombre moyen d’années de retraite à vivre est considéré comme un acquis social, un progrès voire comme un droit imprescriptible de la personne humaine.

Américain d’inspiration libérale, Steve Jobs ne parlait évidemment pas à son sujet d’aliénation par le travail, mais de réalisation personnelle– souvent les deux versants d’une même réalité. Sa vie est bien connue : le principal défi des nombreux biographes à venir de Citizen Jobs sera de nous apprendre de quel « Rosebud » il s’est chauffé.

Sur un plan professionnel, Steve Jobs – et Apple – nous laissent dix leçons – ou principes – originaux et parfois paradoxaux.

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« In nomadisme we trust »: les 10 leçons à tirer du départ de Steve Jobs

1. Arriver le premier sur le marché n’a aucun sens, ce qui compte, c’est d’arriver avec le bon produit.

C’est la tarte à la crème de toutes les sociétés soi-disant innovantes dans le monde – et de tous les cours d’école de commerce. Il faudrait absolument arriver le premier sur un marché pour en capter la valeur.

Or Apple n’a été le premier sur le marché ni avec le MAC, ni surtout avec l’Ipod, l’Iphone ou l’IPAD. Mais Apple est toujours arrivé avec un produit extrêmement différencié par rapport à la concurrence, ce qui lui permet non seulement de récupérer les positions prises par ses concurrents mais aussi d’augmenter la taille du marché. Ainsi Apple a-t-il créé, à presque lui tout seul, le marché de la musique en ligne et du téléphone intelligent (après avoir contribué à développer le marché de l’ordinateur personnel).

2. Protégez vos innovations, ne les partagez pas.

Contrairement à Google et à une multitude d’entreprises Internet «de type « 2.0 », en opposition avec toute stratégie de type « logiciel libre », le développement d’Apple repose sur l’innovation et sur la protection – on l’oublie souvent en France, mais l’un ne va pas sans l’autre.

Alors que ses concurrents se servent de leurs brevets pour obtenir des contreparties financières (licences, royalties) et constituent des portefeuilles de brevet à vocation défensive, destinés au final à servir de contrepartie face à leurs propres violations de propriété (chaque société pouvant bloquer les autres de par l’utilisation de son portefeuille de brevet, les actions en violation de propriété intellectuelle ne sont presque jamais menées à terme), Apple refuse presque systématiquement de partager ses innovations de rupture avec ses concurrents et s’en sert pour bloquer leurs produits.

Elle applique une stratégie de guerre totale, visant non pas à augmenter ses revenus à court terme mais à prendre tout le marché de façon exclusive.

Cette stratégie de non collaboration a été appliquée pour le meilleur (Apple vient de réussir à retarder la diffusion de la nouvelle tablette de Samsung dans tous les pays d’Europe) ou pour le pire (en refusant de diffuser le MAC OS, Apple a laissé le champ libre à Microsoft dans les années 80 et a failli disparaître).

(Suite…)

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