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Stylet numérique avec boîtier de vote intégré : je trouve ça génial

VoteJ’aime beaucoup la dernière idée d’AverMedia: des stylets (qui fonctionnent comme une ardoise nomade sans fil) munis de boutons permettant de voter.

On distribue un stylet à chaque élève qui, du coup, intervient au tableau à partir de sa table – et peut aussi voter.

Après le cours, les stylets peuvent se recharger dans un boîtier (on pourrait aussi imaginer que les élèves rechargent leur stylet sur leur table avec une sorte d’encrier numérique).

Vidéo très convaincante à voir chez Aver.

Stylet

Précision: nous n’avons aucun intérêt ni accord commercial avec Aver, qui est plutôt un concurrent. Simplement, c’est une des rares bonnes idées que j’ai pu voir depuis quelques années. La réunion de l’usage « Vote»  et « Tablette»  peut apporter quelque chose de nouveau, l’approche est assez naturelle et le matériel est léger et nomade.

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La mission Fourgous n’a pas buzzé. Pourquoi ?

A 2 jours de l’annonce de la remise du rapport Fourgous sur le développement du numérique en milieu scolaire, je trouve étrange le peu d’engouement populaire autour du sujet.

Sur Facebook, la dernière intervention date du 25 décembre (65 membres seulement !). Même chose ou presque sur Ning (19 membres !).

[En comparaison, le blog que vous êtes en train de lire, chers lecteurs, est, avec plus de plus de 1000 commentaires en 2009, un media collaboratif de tout premier plan !]

Evidemment, vous aurez droit au traditionnel discours sur « les riches interactions avec le public»  ou « l’enrichissement d’importance majeure apporté par la communauté Internet»  mais la réalité, c’est que le monde jusqu’à présent se fout de la Mission Fourgous.

Le contraste est énorme entre les moyens de communication utilisés (Site dédié luxueux, sites Facebook, Twitter, Ning, etc…), les retombées presse institutionnelles (dans Le Monde, dans Le Figaro – ces articles me semblent commandés ou au minimum suscités) et l’attention populaire.

C’est infiniment dommage, parce que des investissements de grande ampleur sont annoncés.

Sur la page d’accueil du site « Mission Fourgous» , cette phrase, belle comme l’Antique.

« La réussite scolaire et l’avenir de nos enfants sont fondamentaux (qui va dire le contraire ?) et nécessitent qu’on se rassemble afin d’y réfléchir ensemble (eh ben, c’est raté).» 

Vous en pensez quoi ?

Ajout: je relève quelques autres perles sur cette page d’accueil…

« Toute la société arrive à l’ère numérique (Quelle perspicacité !). La communication se fait instantanée (Oui, c’est vrai depuis l’invention de la radio, il y a grosso modo un bon siècle) . Les fenêtres s’ouvrent sur le monde entier (Et en plus il fait -5° dehors, c’est donc pour ça qu’il fait si froid dans mon bureau ce soir !) … Le numérique est un démultiplicateur de la productivité, des échanges et surtout un démultiplicateur des apprentissages. (Je n’ai rien vu d’aussi beau depuis la multiplication des petits pains. Mon Dieu, pardonnez-moi pour le côté finalement si irrévérencieux de ce billet. Je n’ai pas pu me retenir, une fois de plus. Je me suis encore laissé aller. Pardon, pardon, pardon !)» 

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Deux nouveaux vidéoprojecteurs « révolutionnaires»  présentés au Bett 2010

Un vidéo-projecteur nomade dont la lampe dure 15 ans

Epson Au Bett 2010, Casio présentait sa nouvelle gamme de vidéo-projecteurs plats (nous apprécions beaucoup les Casio qui a priori sont les meilleurs projecteurs pour notre offre nomade de valise – dommage simplement que quand Casio change de gamme, ils interrompent toutes leurs livraisons pendant 2 mois sans prévenir…).

La nouveauté de ce projecteur ? La lampe a une durée de vie de 20 000 heures et il sera garanti 5 années dans l’éducation. C’est une avancée significative car la durée de vie de la lampe – et la fragilité des vidéo-projecteurs en général – est un des principaux freins à l’usage des tableaux interactifs.

Autre avantage de ce projecteur, il s’allume en 8 secondes et s’arrête de façon instantanée (sans refroidissement nécessaire). Le refroidissement du vidéoprojecteur est aussi un des gros problèmes des vidéoprojecteurs actuels (il est plus ou moins long et jamais respecté à 100% car le professeur est forcément pressé de finir son cours, ce qui réduit encore la durée de vie de la lampe).

Tout ceci constitue un gros avantage pour les usages nomades que nous préconisons, et en particulier pour l’ITsac.

ITsac avec Casio

Le nouveau vidéo-projecteur interactif « Wi»  d’Epson

Epson Le deuxième vidéo-projecteur d’un nouveau type que j’ai pu voir vient de chez Epson. Il s’agit d’un vidéo-projecteur à courte-focale avec une fonction tableau interactif intégrée dans le vidéo-projecteur – plus besoin d’installer un fond de tableau, le vidéo-projecteur suffit !

Une telle technologie n’est pas nouvelle. Plusieurs sociétés ont développé depuis quelques années des systèmes interactifs prêts à être intégrés dans le vidéoprojecteur.

Nous avions proposé une offre similaire il y a 3 ans avec NEC, qui avait intégré un eBeam dans son premier vidéo-projecteur courte-focale, mais cette offre n’a jamais percé.

La vraie différence ici, c’est qu’Epson est LE leader du vidéo-projecteur en France – et un leader puissant: beaucoup d’appels d’offre intégrant des TBI ne se gagnent que si vous incluez de l’Epson dans votre offre…

A ma connaissance, tous les acteurs majeurs du TBI fixe en France ont noué des accords avec Epson à un moment ou à un autre, sur tel ou tel appel d’offres.

Donc si l’offre d’Epson n’est pas trop chère (et pourquoi le serait-elle ?), Epson est en position de prendre très rapidement une place importante sur le marché du TBI fixe: ne pas avoir à remplacer le tableau blanc de la classe constitue un vrai avantage compétitif.

Sur ce que j’ai vu au Bett, le produit (astucieusement nommé 450-Wi, et non pas Wii !) n’est pas tout à fait prêt. La calibration se fait sur plusieurs dizaines de points (!) et le logiciel est rudimentaire.

Mais le discours du commercial d’Epson au Bett était le suivant: « Certes, le tableau blanc interactif traditionnel va disparaître, mais les fabricants de tableau blanc pourront continuer à vous proposer leur logiciel.»  (On est content pour eux, surtout au moment où ils songent à s’introduire en bourse !).

Sans la crise qui le force à rechercher de nouvelles sources de croissance, Epson aurait-il pris le risque (énorme !) de rentrer en concurrence frontale avec des entreprises qui ont passé leur temps à préconiser ses produits ? Si le commercial d’Epson a raison, vous assisterez, presqu’en temps réel, à un très bel exemple de destruction créatrice, selon la théorie développée par Joseph Schumpeter.

Finalement, en dépit de ce que j’écrivais hier, on ne s’ennuie pas tant que ça au Bett !

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Le téléphone mobile, premier des médias de masse

Je ne suis plus tout seul à le dire, tous les 2 ou 3 mois apparaissent maintenant, dans la presse grand public (en l’occurrence, le Monde de ce jour) des articles sur l’importance du mobile en relation avec Internet (un mobile est toujours connecté) et surtout sur son côté universel – 79% des ados en sont déjà équipés et bientôt, ils le seront.

Les applications pour l’enseignement sont immenses, j’en ai déjà parlé, car un mobile sera tout à la fois un ordinateur, une tablette sans fil, un labo de langues, un visualiseur, un lecteur de documents – et j’en passe…

Le téléphone mobile est adopté par les enfants, qui savent déjà s’en servir. Il est utilisé massivement dans le tiers- monde, il est sans fil « par nature» , peu gourmand en énergie, permet l’accès à la vidéo, la traduction – à tout ce dont on a besoin en classe et au dehors.

Dans un contexte où, dans le monde entier, les programmes du type « un ordinateur par élève»  ont échoué, c’est la téléphonie mobile qui est en train de faire disparaître la fracture numérique, pas l’ordinateur.

Il est un peu dommage de voir l’Etat investir presqu’uniquement dans des ordinateurs et des connexions Wi-fi (des outils du passé, peu rentables et importés) alors qu’il faudrait massivement investir dans des applications utilisables à partir d’un téléphone intelligent – et comme elles n’existent pas toutes encore, développer les technologies pour pouvoir les exporter ensuite. La France n’est pas condamnée à « faire pareil» .

Aujourd’hui encore, le Ministre parle d’interdir les portables en cours alors que le vrai défi numérique, qui se pose aujourd’hui, c’est d’en tirer parti au mieux car leur potentiel éducatif est immense.

(Piqure de rappel: un petit montage que j’avais publié il y a 18 mois)

Quel est le point commun entre ces 4 objets ?

Bic 4 couleursCalculatrice
Téléphone mobile                                                     TNWii

Réponse : Stylo BIC, calculatrice, téléphone mobile, TNWii: ils ont tous été, un jour ou l’autre, déconseillés (ou même interdits) à l’école.

Voir aussi : nomadisme, religion, mécanique quantique et enseignement – ce qui pousse l’enseignement vers l’utilisation des outils nomades.

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La continuité pédagogique, la grippe, les grèves

Web Conférence« Continuité pédagogique» , c’est le terme qui finalement semble s’imposer et qui regroupe les différentes initiatives lancées dans l’enseignement supérieur (j’en ai parlé cet été) et qui vont être lancées sous peu dans le primaire et le secondaire par l’Education Nationale.

Il y a quelques années, j’entendais parler un peu partout de l’école « tout au long de la vie» . On commence à se rendre compte que ce serait déjà pas mal de faire l’école « tout au long de la journée» .

La continuité pédagogique regroupe l’ensemble des méthodes et techniques pour que l’élève ou l’étudiant puisse interagir avec le professeur sans qu’il y ait contact physique et simultané entre élève et professeur.

  • Il y a les outils qui permettent d’interagir en temps différé (Speechi / podcasts, vidéocasts… ou simples fichiers numériques pdf). Ces outils sont en gros destinés à remplacer une session en amphi.
  • Il y a les outils qui permettent d’interagir en direct avec un ou plusieurs élèves (Speechi en version Share, logiciels de WebConférence), en apportant éventuellement à l’élève un niveau d’interactivité comparable à ce qu’il trouve dans une salle de classe (logiciel de réunion eBeam, livré avec le tableau interactif).

Nous travaillons sur ce sujet depuis maintenant 5 ans; il se situe au coeur des développements que nous effectuons avec Speechi (plus de 20 000 utilisateurs dans l’enseignement supérieur). Je ne peux que me féliciter de ce genre d’initiatives. Internet est à mon sens plus un danger qu’une chance pour les élèves et toutes les initiatives visant à en faire un outil de propagation du savoir réel sont bonnes à prendre.

Aujourd’hui, les barrières ne sont plus technologiques, mais se situent dans la force des habitudes, des usages établis. Il faut que les professseurs les intègrent dans leur quotidien. Je considère que notre travail à nous, Speechi, est de rendre les techniques non pas plus performantes mais plus simples, plus collaboratives, plus ludiques. Je considère que le Facebook de l’enseignement reste à créer.

L’Education Nationale est pressée par le temps et l’urgence est un des gros dangers.

Comme il est impossible de changer en quelques semaines les habitudes de millions d’enseignants, il sera impossible d’utiliser massivement ces nouveaux outils pour résoudre le(s) problème(s) d’absence liés à la grippe. Tout au plus peut-on, en s’appuyant sur les professeurs les plus innovants qui ont déjà intégré les technologies dans leur pratique, de communiquer autour des expériences, de s’en servir pour convaincre des professeurs de les intégrer plus tard. C’est un effort de très long terme, il faudra des années.

Dans le supérieur, les choses sont presque pires. Une des raisons avouées de la continuité pédagogique, c’est de contourner le problèmes des grèves (amphis fermés, bloqués…). Si la continuité pédagogique est réduite au rang de « briseur de grèves» , elle sera rejetée par les professeurs et les élèves et la France prendra un retard durable sur les Etats-Unis et les pays scandinaves.

Bref, le vrai danger est que les enjeux réels dépassent, de loin, les enjeux affichés: ce qui est en jeu, c’est l’éducation du futur, l’égalité des chances, la place de la France dans 20 ans, la citoyenneté.

J’aimerais bien savoir aussi quel technocrate a pondu le terme « Continuité pédagogique»  – difficile de faire plus repoussant, moins « vendeur» . Pourrait-on faire attention à ce genre de choses et rajouter un peu de grandeur dans la communication ? Les enjeux sont élevés, pourquoi ne pas les nommer ?

Imagine-t-on Eluard :

« Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur mon tableau interactif
Mon ordinateur connecté
Sur mon cartable électronique
J’écris ton nom:

Continuité Pédagogique !

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Internet: le début d’une illusion

Soi disant, Internet représenterait une chance pour le savoir humain. Google référence aujourd’hui plusieurs trillions de pages. Son objectif est de numériser tous les livres au prétexte pompeux que « le plan de numérisation permettra de rendre à nouveau accessibles des ouvrages épuisés et introuvables ».

Savoir potentiel n’est pas savoir réel

Mais comme personne n’a la possibilité physique de lire toutes ces pages – tout ceci ne constitue que le savoir disponible potentiel. La quantité réelle de savoir disponible ne peut être quantifiée que de façon statistique. Le Web est intéressant si le temps moyen passé par un internaute sur des pages contenant du savoir est important. Le savoir disponible, c’est la quantité moyenne de savoir à laquelle un internaute accède réellement – et non pas potentiellement – au cours d’une session, d’une journée, d’une vie, multipliée par le nombre d’internautes.

Or cette quantité de savoir réellement disponible, qui n’a d’ailleurs jamais été très élevée sur le Web, diminue structurellement de jour en jour, Google étant l’acteur majeur, bien que probablement involontaire, de ce rétrécissement.

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Le mind-mapping est au logiciel ce que le TBI est au matériel

Etude en rougeConnaissez-vous le mind-mapping ? J’ai commencé à vous parler du mind-mapping il y a 3 ans. Ce qui m’avait frappé, à l’époque, c’est que mind-mapping et TBI mobile ont été inventés pour exactement les mêmes raisons initiales : échanger des informations, capturer des idées, découvrir, comprendre…

Aujourd’hui, le succès du mind-mapping est énorme. J’ai eu mon ami Pierre Mongin au téléphone (son site Web sur le mind-mapping) et le livre qu’il a écrit sur le sujet est en réédition permanente : il y a 5 ans, j’ai rencontré un professeur et aujourd’hui je côtoie un auteur de best-sellers !.

Freemind (logiciel de mind mapping libre et gratuit) est téléchargé 6 000 fois par jour, ce qui en fait un des logiciels majeurs du libre – c’est une performance d’autant plus remarquable que ce n’est ni un jeu, ni un logiciel de téléchargement, ni même un logiciel bureautique classique.

Je vois encore peu de mind-mapping en France dans les écoles.

Pourtant, couplé à un TBI, c’est un outil parfait et vraiment innovant pour un grand nombre de matières « créatives » ou « collaboratives », telles que le français, les langues (exploration d’un texte) ou les discussions exploratoires autour d’un sujet donné dans les toutes petites classes, jusqu’au CM2.

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Journée des éditeurs à Cambrai

Salle de la manutentionIl y a 2 grandes catégories de conférence sur les technologies à l’école.

Les conférences où on vous abreuve de considérations techniques pour masquer la vacuité immense du discours, l’absence totale de vision et celles où on vous abreuve de considérations générales avec de vagues connotations philosophiques, censées montrer la hauteur de vue de l’orateur – mais qui cachent dans la plupart des cas sa complète ignorance du sujet.

C’est pourquoi je tenais à vous faire part d’une conférence, une fois n’est pas coutume, intéressante, à laquelle j’ai assisté la semaine dernière lors de la journée des éditeurs organisée par par la direction diocésaine de l’enseignement catholique à Cambrai.

Bruno Duvauchelle, dont je vous invite vivement à visiter le site (en particulier la partie « textes à lire»  et le blog) a en effet réussi, pendant plus d’une heure, à dire des choses simples et intéressantes à la fois – c’est tout sauf facile.

La journée a commencé par un gag. Les murs de la magnifique salle de la manutention à Cambrai étant dans le plus pur style flamand (en briques), il a été impossible d’y accrocher le TBI mobile comme je le fais habituellement.

J’ai donc dû improviser un écran fait de 2 tables en bois d’élèves en bois dressées debout et adossées au mur ! Ca nuit quelque peu au contraste de l’écran (!) mais ça fonctionne très bien.

Les enseignants qui passaient étaient quand même un peu stupéfaits et je ne leur reproche pas d’avoir poliment douté de la supériorité du tableau interactif sur le tableau noir… Je ne pense pas avoir fait beaucoup de ventes !

Blog Aurélie LamandéIl faut aussi que je vous parle d’Aurélie Lamandé, qui utilise un TBI eBeam en classe (la vidéo) et qui réalise un des meilleurs blogs de maternelle que j’ai jamais vu,tous pays confondus.

Allez y, vous verrez, c’est un régal. Il y a une grande maîtrise technique, beaucoup de créativité, de fraicheur et même de poésie.

(Et si j’étais éditeur, je n’hésiterais pas. Je confierai immédiatement à Aurélie Lamandé la rédaction d’un livre consacré au programme de maternelle « en numérique» , avec des exemples d’application sous forme de CD ou de site Web. Il y a un manque criant de tels ouvrages dans le monde francophone).

Bref, une journée qui pour moi tranchait nettement avec la plupart des événements / salons auxquels nous sommes conviés. Encore merci à Marie-Noëlle Van Ruymbecke et à Xavier Debruyne pour leur invitation.

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Premières réflexions sur le programme d’équipement numérique des écoles rurales

Le Ministère de l’Education Nationale vient d’annoncer un ambitieux programme d’équipement numérique « doté d’un budget de 50 millions d’euros, destiné à 5 000 écoles rurales de moins de 2 000 habitants« .

1) Sur le contenu du plan

Cela fait 10 000 EUR par école, côté Etat, ce qui peut sembler beaucoup mais finalement ce n’est pas si énorme si on tient compte du fait, que pour le Ministère, « Une école numérique interactive comprendra ainsi des ordinateurs en nombre suffisant (classe mobile de 8 à 16 ordinateurs), un tableau blanc interactif, un accès internet de haut débit, une mise en réseau des équipements, une sécurisation des accès internet, des ressources numériques reconnues de qualité pédagogique« .

Il y a dans cet inventaire des éléments qui se rapportent à l’équipement des élèves (les ordinateurs), à l’équipement des professeurs (le tableau interactif), des éléments peu coûteux (Internet), des éléments qu’on trouve partout gratuitement (des ressources numériques de qualité pédagogique) mais l’utilisation du terme « reconnues d’utilité pédagogique»  montre qu’on va chercher à vendre ces ressources aux écoles.

Il sera aussi intéressant de rentrer dans le détail de la convention qui définira le cadre de mise en oeuvre et en particulier, je pense, l’investissement des communes.

Bref, de cette action peut sortir du très bon ou du moins bon – ou même rien du tout ! J’espère vraiment que ce sera du très bon. Xavier Darcos va la présenter ce mardi.

2) Sur la relance

L’autre point intéressant, c’est que cette action se situe dans le cadre du plan de relance gouvernemental. Il y a eu un tout un débat récemment pour savoir si l’Etat devait effectuer une relance par l’investissement ou par la consommation.

En l’espèce, il s’agit d’investissement, mais comme les fournisseurs majeurs d’ordinateurs et de tableaux interactifs sont étrangers, une grande part de ces dépenses iront, structurellement, relancer d’autres économies que la nôtre.

Le retour sur investissement d’un tel plan va donc se valoriser presqu’uniquement en termes de « capital humain» , et ce pas avant une bonne dizaine d’années, date où les enfants rentreront dans la vie professionnelle.

C’est une raison supplémentaire pour ne pas se tromper sur son contenu.

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Des « TICE»  vues comme symptôme de la perte du capital scolaire

Je me dois de vous préciser tout d’abord que “Capital scolaire” est une expression employée par Bourdieu qui n’a RIEN à voir avec le sens économique du mot “Capital”. “Capital scolaire” signifie plutôt “qualité scolaire”, ce terme prenant en compte la qualité de l’enseignement et la qualité, le niveau des élèves.

“Perte du capital scolaire” n’est donc qu’une façon un peu pompeuse de parler de la baisse du niveau général. Vous me connaissez, la pomposité et moi, cela fait en général 2. Et je dirais même 3, si ma modestie naturelle ne me l’interdisait.

J’emploie simplement ces termes parce que ce sont ceux de Bourdieu (la pomposité et lui, ça faisait 1,5 au plus) et qu’il a inspiré ma réflexion (si je n’étais pas aussi modeste, je vous dirais que j’ai eu des précurseurs, mais la réalité, c’est que j’ai juste besoin de références plus crédibles que moi).

(Suite…)

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