Je crois aussi qu’il se passe quelque chose avec les tablettes…
Catégories : Ecole numérique, Qu'est-ce que le nomadisme
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Cf le Café Pédagogique : L’éducation nationale sous le charme des tablettes
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Cf le Café Pédagogique : L’éducation nationale sous le charme des tablettes
Je ne sais pas pourquoi, mais quand il se passe quelque chose d’important en France dans le domaine de l’éducation, ça part souvent de Normandie.
L’Université de Rouen vient d’annoncer les premiers programmes de test de smartphones, avec cartes SIM – tout est dans la carte SIM, qui permet de rester connecté 100% du temps et donc simplifie énormément les applications de balado-diffusion, mais aussi toutes les autres applications pédagogiques auxquelles on peut penser (par exemple, un Iphone peut être utilisé comme une ardoise numérique).
C’est le smartphone qui va réduire la fracture numérique: il est simple d’emploi, universel, multimédia, toujours connecté et de plus en plus, tous les élèves vont en être équipés.
Jusqu’à présent, il était vécu comme un danger et interdit (comme l’ont été le stylo Bic et la calculette, ce qui est plutôt bon signe). L’Académie de Rouen est la première à l’utiliser pour ce qu’il est sera: un merveilleux outil pédagogique, qui d’ici 5 ans équipera l’ensemble des élèves et fera disparaître tous les programmes de classes mobiles.
Nous sortirons les premières versions Iphone de nos logiciels d’ici septembre.
“A court terme, d’ici un an, les solutions mobiles (Smartphones, IPADs…) vont devenir de plus en plus répandues dans le monde entier et s’imposer comme le moyen privilégié d’accès à Internet”.
[...]
“Presque tous les étudiants, professeurs et employés des institutions scolaires en dispose(ro)nt.”
Voici deux extraits du rapport Horizon, dont je vous conseille la lecture.
Aux Etats-Unis comme en France (voir ce blog), ce sont les institutions scolaires qui freinent l’usage des mobiles (voir l’excellent article du Chronicle – en anglais).
Tout ceci à replacer, évidemment, dans un cadre général qui est l’avènement inéluctable des solutions nomades dans la salle de classe.
[Si j'avais une prédiction à faire, c'est que les solutions mobiles vont s'imposer d'abord dans le supérieur puis "descendre" dans les plus petites classes, jusqu'à la maternelle. alors que c'est dans les petites classes qu'elles seraient, dès à présent, plus utiles. En complément du TBI par exemple.]
Depuis 3 ans environ, nous proposons des ardoises numériques sans fil, que ce soit sous notre marque (ardoise nomade SpeechiTablet) ou sous la marque eBeam (tablette graphique eBeam Inscribe).
J’ai une position un peu schizophrène sur le sujet: la demande du marché pour l’ardoise numérique est très soutenue et donc notre intérêt commercial est d’en proposer. Pourtant, je pense très qu’il n’y a rien de commun, à l’usage, entre une ardoise numérique et un tableau interactif.
En dehors de certains cas bien précis, l’ardoise numérique n’a qu’un intérêt très limité par-rapport au tableau interactif.
Pourquoi le tableau interactif est-il radicalement différent de l’ardoise numérique ?
On l’oublie souvent, mais le principal avantage du tableau interactif, c’est que l’enseignant peut manipuler son PC à partir d’une surface de projection importante (de l’ordre de 2m de diagonale). Coincé derrière son PC, l’enseignant perd le contact avec la classe et se transforme en “geek instructeur” (Seule la haute tenue morale et intellectuelle de ce blog m’empêche de rajouter l’adjectif “masturbatoire” à cette description).
Au contraire, devant son tableau interactif, libre de ses mouvements, le professeur devient un véritable “Steve Jobs communicant”.
Je caricature un peu, bien sûr, mais de la surface de travail ressortent tous les avantages du tableau interactif, tout ce qui fait que Speechi s’est lancé dans l’aventure, en 2004. Le tableau interactif permet de garder le lien avec l’audience – et enseigner, c’est créer des liens.
[Je ne crois donc pas du tout, comme le pense Bruno Devauchelle dans son blog, que "le TBI, c'est le logiciel". Pour moi, dans une très large mesure le TBI, c'est la surface de projection - donc le matériel ou si on veut, le media. Ceci mériterait d'être développé dans un article à part mais explique pourquoi les tableaux interactifs ont eu un grand succès et non pas les Tablet PC].
Une ardoise numérique sans fil, c’est un Tablet PC dégradé.
A la différence d’un Tablet PC, la tablette sans fil n’a pas d’écran. On écrit sur une surface interactive, mais pour voir l’écran, il faut regarder l’écran du vidéoprojecteur, ce qui n’est pas très naturel.
Avec la tablette sans fil, on perd donc les deux avantages majeurs du TBI :
– interaction directe avec l’écran
– écran de grande taille
Le seul vrai avantage de l’ardoise, c’est son coût (de l’ordre de 100 € alors qu’un TBI mobile coûte autour de 700 € et un TBI fixe, avec son installation, autour de 2500 €).
Mais sur le plan pédagogique, la tablette graphique, c’est un vrai retour en arrière, surtout si on l’utilise à la place du TBI. En le forçant a gérer un petit espace de travail, l’ardoise re-transforme le professeur en “geek instructeur”, refermé sur lui-même ce qui est le contraire de l’effet recherché.

Fabrice Huin a testé la semaine dernière notre SpeechiTablet (voir sa critique dans son excellent site Mathtbi.be) et ce qui me semble le plus significatif, c’est sa réaction au déballage:
“Au déballage, j’ai trouvé que les dimensions de la tablette étaient petites +/- 20 cm de côté… Au point de me demander si il ne s’agissait pas là d’un simple gadget… “
Impression contredite au premier essai:
“La première tentative me fait craindre le pire… Ma fille de 6 ans approche… Me demande quelques explications… Et dessine immédiatement sans aucun problème ! Rapidement, elle s’approprie les dimensions de la tablette (1).”
Cette réflexion, nous l’avons entendue des centaines de fois, il y a cinq ans, lorsque nous avons lancé le tableau interactif mobile eBeam. Un des principaux freins que nous avons dû lever, c’est qu’il paraissait TROP simple, TROP léger et même parfois TROP bon marché. Bref, ça faisait “gadget”.
C’est seulement après l’avoir essayé que les utilisateurs voient que les caractéristiques nomades du matériel le rendent en fait plus utile.
Il serait très intéressant de faire une typologie des utilisateurs.
Si les utilisateurs “novices” – et les élèves – perçoivent les avantages du TBI mobile dès la première utilisation, les utilisateurs “experts” ont plus de mal à franchir le pas et les raisons en sont largement psychologiques: l’être humain s’attache à l’objet de ses efforts et quand on s’est investi pour maîtriser une technologie plus complexe, il est difficile de voir ses efforts réduits à néant par l’arrivée d’une technologie plus “légère” et plus “simple”. Pour comprendre l’intérêt du nomadisme, il faut une certaine distance avec la technologie, distance que beaucoup d’experts ont perdue.
C’est une des raisons pour lesquelles le smartphone met du temps à rentrer dans les écoles. Non seulement il a un côté dérangeant (parce que nouveau) mais pour une institution, parier sur l’Iphone, c’est reconnaître que les coûteux investissements dans les classes mobiles ont été inutiles (2).
Il faudra un peu de temps pour que les “experts” franchissent le rubicon, mais je n’ai aucun doute sur l’avènement inéluctable des solutions nomades dans la salle de classe.
(1) Dans le cas de la SpeechiTablet, nous avons en effet cherché à ce que les dimensions soient le plus petites possible tout en gardant un grand confort d’écriture. C’est ce qui fait que la SpeechiTablet est à peu près deux fois plus petite et légère que les tablettes concurrentes – mais reste extrêmement pratique.
(2) Un PC pour 2 élèves, ou même 1 PC par élève: toutes ces tentatives ont échoué, dans tous les pays. Les classes mobiles sont inadaptées voire ingérables pour plus de 90% des enseignants en France (estimation “Thierry Klein”).
Juste un petit teasing: comment l’iPhone peut être utilisé dans la salle de classe par élèves et professeur, en complément à distance du tableau interactif.
L’avènement inéluctable des solutions nomades, c’est ça. C’est le smartphone, pas le PC ou les “classes mobiles” qui répandront les usages numériques dans la salle de classe.
Le coût pour la collectivité est nul: les élèves sont déjà (ou seront) tous équipés d’un Iphone. Les professeurs aussi. C’est simple à utiliser pour tous, multimédia, connecté et très puissant.
Et si cela vous intéresse de venir développer ces solutions chez Speechi, contactez-moi en commentaires.