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30 idées pour réinventer l’entreprise (Le Capital Altruiste dans l’Express)

http://lentreprise.lexpress.fr/developpement-et-innover/30-idees-pour-reinventer-l-entreprise_30527.html

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De la démocratie au Rwanda

Quand on va en Chine (Shanghaï) ou en Californie (Silicon Valley), on sent qu’il s’y passe quelque chose. La dynamique économique est telle qu’elle se manifeste partout: dans les entreprises, dans les cafés, dans les constructions, les universités. Dans la rue même. L’économie du monde se fait là.

Il se passe aussi quelque chose de tout à fait exceptionnel au Rwanda, mais le phénomène est avant tout politique. Economiquement, le Rwanda reste un petit pays, de la taille d’une région française avec une mode de vie reste essentiellement agricole. Mais depuis la fin du génocide, pour la première fois de son histoire, le Rwanda est devenu une vraie démocratie et cela se manifeste aussi partout – et avant tout dans les mentalités et les attitudes des citoyens : une absence totale de servilité dans les relations individuelles (ce qui est extrêmement rare en Afrique – et même dans les pays occidentaux où les relations individuelles sont largement perverties par le besoin de faire affaire), aucune corruption et la conscience d’appartenir à une nation qui doit absolument se dépasser collectivement pour renaître après le génocide de 1994.

C’est une démocratie fière, parfois autoritaire et intransigeante, qui a beaucoup de traits communs avec la démocratie Athénienne telle que la décrit Thucydide : comme à Athènes, le sentiment d’urgence, la conscience de l’immensité de la tâche à accomplir, le besoin absolu et vital d’efficacité font qu’on frise parfois le totalitarisme. Comme à Athènes, la survie de la démocratie tient alors essentiellement à la qualité du chef et pour l’instant, le Président Kagame est une sorte de Périclès Rwandais: les actions entreprises depuis 15 ans portent leurs fruits et les Rwandais en sont conscients.

  • La petite taille du pays permet à la démocratie d’être très directe et resserrée, comme à Athènes. J’ai traversé le pays de long en large en compagnie de rwandais et toutes les demi-heures, ils croisaient une de leurs connaissances, parents ou amis. Lors des manifestations officielles, ma femme a parlé au Premier Ministre et ma fille lui a serré la main. Dans une telle démocratie, chacun se sent acteur.
  • La société de consommation n’a pas encore, comme dans nos pays occidentaux – et même comme en Chine – transformé les citoyens en consommateurs et les rwandais restent concentrés sur les cinq problèmes essentiels pour eux : la répartition de l’espace (le Rwanda est un pays extrêmement peuplé), la production agricole, la gestion de l’après-génocide, la santé et l’éducation, considérée à raison comme la principale protection face aux risques de débordements futurs.

Sur chacun de ces points, le gouvernement Rwandais tient une politique extrêmement originale et, à mon avis, visionnaire. J’essaierai de me concentrer sur la question du génocide dans mon dernier billet.

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Parc national de l’Akagera (pour le fun)

Un magnifique parc situé à l’extrême ouest du Rwanda (à cheval avec la Tanzanie). Les photos sont sur Flickr, ainsi qu’un diaporama.

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L’Echange


Sous l’impulsion de leurs enseignants, les élèves de l’école de Bachy (primaire et maternelle) ont rassemblé quelque 10 kg de matériel scolaire avant le voyage, principalement crayons et cahiers. Ce matériel a été remis à une école primaire située à proximité de la zone de conservation des gorilles, dans une ambiance digne d’une finale de Coupe de France de foot !

Je vous mets juste en ligne quelques photos sans trop de commentaires, tellement les photos parlent d’elles-mêmes ainsi que le témoignage d’Anna K. , 7 ans, qui tient à rester incognito.

Muraho,

Je vous écris du parc national de l’Akagera, à l’est du pays, près de la Tanzanie.
Nous avons distribué les crayons dans une école près du parc national des volcans, au nord du pays.
Les enfants étaient contents, ils avaient environ 7 ans -7 ans et demi et apprenaient l’anglais, tous leurs cours étaient en anglais.
Ils apprendront le français dans 2 ans.

Ils étaient très curieux de voir les photos et de nous voir.
Ils portaient un uniforme, les filles le haut bleu clair et une jupe bleu foncée, les garçons portaient un uniforme beige.
Ils étaient environ 50 élèves dans la classe.

Quand nous sommes arrivés, ils ont chanté une chanson en anglais en tapant dans les mains.
Ils ont école soit le matin soit l’après-midi.
Ils ne mangent pas à la cantine et repartent de l’école tous seuls.

Dans la classe, il y a 2 tableaux noirs, pas verts comme celui de notre classe et pas de décoration. (note de l’auteur: et ce ne sont pas non plus des tableaux blancs interactifs, pour la bonne et simple raison que les classes sont sans électricité !)

Ils avaient comme affaires un cahier et un crayon.
Au Rwanda, les animaux sont protégés, il y a une prison pour ceux qui tuent les animaux.
Aujourd’hui, nous avons pique-niqué à la « plage des hippos » en face des hippopotames qui se baignaient.
J’ai vu des élans du cap, des cobes, j’aimerais bien voir des éléphants.

Mwiliwe

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Le Sabinyo Silverback Lodge : Un modèle d’économie solidaire, utile et rentable

Dans le parc des volcans se trouve un hôtel de grand luxe, le Sabinyo Silverback Lodge où vous pourrez, parfois, croiser Bill Gates. Si celui-ci vous ennuie et que vous êtes chanceux, vous pourrez aussi discuter de temps en temps avec l’auteur de ce billet. Le Sabinyo est le seul hôtel autorisé à l’intérieur du parc.

Le modèle économique de ce lodge est remarquable. La gestion de l’hôtel a été confiée à une société privée qui gère de multiples hôtels de luxe en Afrique. 7% du chiffre d’affaires de l’hôtel retourne vers les villages situés en bordure du parc, ainsi que 40 Euros par personne hébergée et par nuit. En gros, cela signifie que 50% de la marge brute de l’hôtel retourne vers la collectivité, sans parler des 100 personnes qu’emploie l’hôtel.

Aujourd’hui, quand on extrait du pétrole au Moyen-Orient ou en Afrique, le taux de retour est de 7% environ.

Ce taux caractérise  une relation économique au pays producteur de type colonial. La seule chose qui a changé depuis le bon temps de la colonisation, c’est qu’on a remplacé la contrainte armée par la corruption, la loi du marché ou tout autre alibi pratique – mais les peuples restent évidemment exploités. A titre de comparaison, le taux de retour obtenu par la Norvège pour l’exploitation de son pétrole est de 70% environ.

Le  taux de retour vers les communautés environnantes de 50% obtenu grâce au travail du PICG est donc tout à fait remarquable, et comparable en tous points à la performance de la Norvège car il n’y a pas, dans le cas de l’hôtel, simple exploitation d’une ressource naturelle mais création ex-nihilo d’une activité de service ce qui est plus complexe – et ne consomme évidemment aucune ressource naturelle.

C’est un exemple presqu’unique, à ma connaissance, d’économie solidaire, profitable et durable dans le domaine du tourisme.

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Première visite aux gorilles, King-Kong, Brassens et Claudia Schiffer

Diane Fossey a rendu célèbre le gorille des montagnes. Suite à la réduction de l’espace disponible (la pression agraire sur les pentes des montagnes est constante), aux guerres récentes (côté Congo et Rwanda) et au braconnage (qui touche surtout les buffles, mais dont les gorilles sont aussi des victimes collatérales), il ne reste aujourd’hui que 500 gorilles des montagnes en liberté.

Vous ne verrez jamais de gorille des montagnes dans un zoo. Le gorille des montagnes est un peu plus sensible que l’homme sur le plan des libertés individuelles et ne survit pas en captivité.

C’est côté Rwandais, grâce aux effets conjugués de la démocratie, de la paix et du travail du PICG, que les gorilles sont actuellement les mieux protégés. Les deux-tiers des gorilles rwandais sont « habitués » à la présence humaine.

Il faut 2 ou 3 ans pour habituer un groupe selon la méthode mise au point par Diane Fossey et cette technique, qui rend les gorilles facilement observables par le touriste que je suis, contribue à la préservation de l’espèce puisque les fonds récoltés par les visites sont largement redistribués à la population locale – ce qui constitue une protection très efficace contre la pression agraire et le braconnage. La croissance de la population est beaucoup plus rapide au sein des groupes habitués.

A l’inverse, lorsque la situation politique est précaire, un groupe habitué est pratiquement condamné – il ne fuit plus l’homme et se retrouve sans protection contre le braconnage. Actuellement, pas mal de débats sont en cours concernant sur le taux de gorille qu’il convient d’habituer pour protéger au mieux l’espèce en toute circonstance.

Un King Kong miniature

Il faut quand même 2h de marche (à 2 500 m d’altitude) pour rencontrer un groupe de gorilles habitués. On commence par les entendre (écolos jusqu’au bout des ongles, ils mangent du bambou et des feuilles presque à longueur de journée), puis on les devine (derrière les buissons, la forêt est assez dense), enfin c’est eux qui se révèlent à vous.

Dans mon cas, le chef du groupe, un grand dos argenté est apparu à 4 mètres au-dessus de moi, violant allègrement les consignes de sécurité qui interdisent aux gorilles de s’approcher à moins de 7 m des groupes de visiteurs.

Premier contact : le gorille des montagnesIl faisait preuve de beaucoup moins d’intérêt pour moi que celui que j’éprouvais à son égard. Son regard de vieux sage montrait bien que, depuis le temps qu’il était habitué, il avait largement eu le temps de faire le tour de la question « homme » – alors que de mon côté, c’était mon tout premier gorille.

La première idée qui m’est venue à l’esprit a été celle d’un King Kong miniature – je parle du King Kong de la fin du film original de Copper, dont on se rend compte à la fin de la grande sensibilité et qui meurt tué « non pas par des avions, mais par la Beauté ».

Il paraît que certains touristes sont choqués par la taille du gorille, mais l’animal est si doux et si paisible qu’on ne peut pas sérieusement avoir peur de la rencontre. Les jeunes et les adolescents sont assez curieux et ont même une tendance à s’approcher des groupes de visiteurs : le grand dos argenté, imité par les guides du parc, tente tant bien que mal de maintenir une certaine distance.

Le poil des gorilles adultes est absolument magnifique. Pour reprendre une référence cinématographique, on pense à certains films réalisés en images de synthèse (Madagascar, l’Age de Glace) où le directeur artistique a un peu abusé du zoom pour montrer le mouvement poil après poil sur la peau de l’animal – ou bien à certaines publicités L’Oréal où la chevelure luxuriante de Claudia Schiffer, filmée en gros plan et au ralenti, suit en ondulant les mouvements rotatifs de sa tête. Les gorilles sont une sorte de preuve vivante qu’il est inutile d’acheter une bouteille de Longueurs et Pointes pour réaliser cet effet – il suffit de suivre un régime végétarien strict et de s’épouiller de façon quotidienne.

Vie sociale du gorilleContrairement à ce qu’en pense Brassens, le gorille n’est pas un luron supérieur à l’homme dans l’étreinte. Ou alors, il faut que l’homme soit vraiment fatigué. J’ai pu personnellement observer que la durée de l’acte sexuel est d’environ 1 minute et seul le mâle, qui pousse quelques petits cris en fin de course, si je puis dire, semble y prendre un certain plaisir. Je pourrai cependant témoigner, en cas de procès à New York, que la femelle semblait consentante.

La durée de visite est limitée à une heure, ce qui est en fait très long, car on est en immersion totale avec les gorilles (le groupe que j’ai visité comptait une trentaine de membres). Le prétexte officiel est qu’il ne faut pas trop déranger les gorilles. Quand les humains sont là, la situation n’est plus tout à fait naturelle : ils mangent moins et restent quand même toujours un peu sur le qui-vive – expression parfaitement appropriée vu le risque permanent que représente l’homme.

Mais on dit aussi qu’au-delà d’une heure, certains représentants d’élite de l’espèce humaine pourraient bien s’habituer définitivement aux gorilles et ne plus jamais vouloir redescendre. Cette merveilleuse maladie a pour nom « syndrome de Diane Fossey ».

Vous pouvez découvrir plus de photos (83 exactement !) sur notre compte Flickr, ainsi qu’un diaporama.

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