Peur sur le virus

On aurait aimé des mesures claires, que les entreprises peuvent appliquer sans se poser de question. Fermeture des entreprises, c’est très clair. Obligation de télétravail, c’est très clair.

Mais il n’y a eu qu’une sorte d’incitation incantatoire au télétravail. Les déplacements pour aller au travail ne sont pas interdits, même en transport en commun.

Que fait une entreprise concrètement ? Si beaucoup de postes peuvent être assurés assez facilement en télétravail de temps en temps: presqu’aucune entreprise ne peut fonctionner à 100% en télétravail tout le temps, pour tous les postes.

Et comme Macron a affolé tout le monde avec sa “guerre”, il y une pression importante et compréhensible de tous les salariés pour passer en télé-travail.

Et que fait-on des réunions internes ou externes ?

Le gouvernement manque de courage pour les interdire explicitement, mais là encore, il devient très difficile de les tenir: toute la pression est sur le chef d’entreprise. S’il impose de les tenir, il est comme un traître dans cette “guerre”…

Or le chef d’entreprise a une pression permanente, intense, pour assurer la continuité économique. Cette pression passe dans ses ses gênes et ceux qui condamnent ceci au nom de l’éthique ont le beau rôle: ils ne l’ont sans doute jamais subie.

Evidemment, les mesures annoncées se traduiront par du chômage partiel pour certains postes, mais rien de clair sur l’indemnisation du chômage partiel, ni pour les salariés, ni pour l’entreprise. Alors que dans un premier temps, c’est la principale chose qui compte.

Je rappelle que le chômage partiel coûte 70% du salaire brut à l’entreprise, et que le salarié va toucher 84% de son salaire net. C’est une solution qui ne satisfait personne et le silence de Macron sur ce point est assourdissant.

Et encore : des annonces “fortes” jeudi dernier (Macron), des annonces “très fortes” samedi (Edouard Philippe), une “déclaration de guerre” ce lundi. Mais peut-on arrêter les effets d’annonce et prendre des mesures une fois pour toutes ?

Les données sur le virus sont connues depuis des semaines. Même si la progression est rapide, elle était entièrement prévisible. Qu’est-ce qui justifie 3 annonces en 5 jours ? Quand cette improvisation s’arrêtera-t-elle ?

Finalement, on a droit à des demi-mesures accompagnées de grands mots style “c’est la guerre”… Ce qui est une comparaison absurde car certes, la nature nous résiste mais elle ne se bat pas contre nous, elle n’a pas d’intention de nuire. Macron confond ennemi et dure nécessité, condition humaine. Je sais, là n’est pas le débat mais quand même: Macron a menacé UN VIRUS à plusieurs reprises ! Virus qui tremble probablement de peur à cette heure. Jamais chose aussi petite n’aura été menacée par un homme aussi puissant – droit dans les yeux, à une heure de grande écoute, qui plus est.

Bref, pourquoi ne pas avoir rendu le télétravail obligatoire ? Et chômage partiel, indemnisé en partie par l’Etat ou fermeture lorsque ce n’est pas possible ? Voilà qui aurait simplifié la vie des entreprises.

Et ces mesures auraient sans doute dues être prises il y a 15 jours. Aujourd’hui, regardons les choses en face, c’est la panique. Panique aggravée par les discours pathogènes de Macron et le décalage entre discours (dur) et mesures (indécises).


(Ce billet est mon opinion personnelle et ne traduit pas celle des salariés de Speechi)

(1) commentaires pour "Peur sur le virus"

  1. Thierry
    L’opinion d’un chef d’entreprise dans un blog destiné Aux clients et utilisateurs de ses produit dans un objectif de politique partisane n’a pas lieu d’être…. il faut garder ce type de prose pour d’autres lieux ! Même si vous signez en votre nom propre… en ces temps gardons notre énergie pour l’essentiel. Les produits speechi tous de grande qualité méritent qu’on leur consacre la même énergie quelle que soit la situation…
    Pour l’instant je vais commencer par me désabonner de cette liste de diffusion !
    Prenez soin de vous et de vos salariés… les décisions Ad-hoc ne doivent sûrement pas être compliqué à prendre pour un ancien prof de philo…

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