Toute la vérité sur l’affaire Claude François (exclusif !)

Claude Francois a pris la poudre d'escampetteQui a falsifié le rapport de la police ?

Toute la presse a relayé le côté surréaliste de l’EPI « Claude François » (mais nulle part, cependant, de façon aussi amusante que dans ton blog préféré, cher lecteur !).

 
Surréaliste, cet EPI l’est certes par son côté involontairement hilarant mais aussi parce que son contenu, construction artificielle conçue dans un but uniquement idéologique, fait peu de cas de la réalité. A ma connaissance, ceci n’a pas encore été remarqué : nous devenons tellement habitués à ces dénis de réalité qu’ils nous choquent de moins en moins, même au sein d’un manuel scolaire. Pourtant, ils sont, pour une large part, à la source du complotisme contre lequel la Ministre prétend lutter.

L’EPI prétend en effet que d’après le rapport de police:

« la résistance de son corps était faible et a permis le passage d’une forte intensité »

mais il est évident que le rapport de police n’a jamais été rédigé en ces termes, même si on suppose que l’inspecteur est un électricien contrarié.

De la confusion du manuel au complot

Cet EPI, qui se présente comme une sorte de TP scientifique, qui fait appel à des documents soi-disant inattaquables (un rapport de police), est donc, dès le début, dans le travestissement des données, ce que tous les élèves vont ressentir (et les plus sagaces remarquer consciemment).

On voit bien qu’à partir de tels exemples, lorsque les données contenues dans le corpus scolaire sont travesties, la théorie du complot est facilitée. Pourquoi le rapport de police n’est-il pas réellement cité ? Claude François ne serait-il pas mort d’autre chose ? D’overdose, par exemple ? etc…

Et si les données des manuels sont fausses ou même simplement sujettes à caution (et elles le sont de plus en plus, toutes matières confondues), tout ne peut-il pas être remis en cause ? Presse, Wikipedia, livres divers, sites “institutionnels” (je cite la Ministre): tous ont un niveau de crédibilité bien inférieur au manuel scolaire.

Quand le manuel est faux, plus rien ne coule, si j’ose dire, de source !

De la novlangue au complot

Le complotisme n’est jamais aussi fort que lorsque les techniques de communication sont poussées à l’extrême, comme cela a pu être le cas, par exemple pour la réforme du collège, où j’adhère, grosso modo, avec tout ce qu’a pu dire NVB… sauf que, quand on lit les textes, quand on observe les actes, ils sont en contradiction flagrante avec ses propres déclarations.

A partir du moment où la communication est devenue un exercice de style Orwellien (voir aussi la réforme du collège : de NVB à Orwell), le délire interprétatif est facilité, sinon justifié.

En ce sens, le complotisme est donc aussi une réponse, inadaptée certes et le plus souvent excessive, au double langage et à la novlangue du Politique.

De l’abandon des savoirs généraux au complot

De plus en plus, donc, la fiction rejoint la réalité. Les capacités nécessaires pour les distinguer entre elles, qu’on regroupe normalement sous le terme de discernement, deviennent donc toujours plus pointues. Or cette capacité de discernement s’appuie prioritairement sur les savoirs généraux, scientifiques et littéraires, eux mêmes attaqués par les réformes en cours et particulièrement par la réforme du collège.

D’un côté, il devient de plus en plus difficile de discerner le vrai du faux. De l’autre, la capacité de discernement qu’on transmet aux élèves diminue.

Je prédis donc, malheureusement, une très longue vie à la théorie du complot, et ceci quels que soient les souhaits affichés de notre Ministre: on a, en fait, le complotisme qu’on mérite.

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