Première visite aux gorilles, King-Kong, Brassens et Claudia Schiffer

Diane Fossey a rendu célèbre le gorille des montagnes. Suite à la réduction de l’espace disponible (la pression agraire sur les pentes des montagnes est constante), aux guerres récentes (côté Congo et Rwanda) et au braconnage (qui touche surtout les buffles, mais dont les gorilles sont aussi des victimes collatérales), il ne reste aujourd’hui que 500 gorilles des montagnes en liberté.

Vous ne verrez jamais de gorille des montagnes dans un zoo. Le gorille des montagnes est un peu plus sensible que l’homme sur le plan des libertés individuelles et ne survit pas en captivité.

C’est côté Rwandais, grâce aux effets conjugués de la démocratie, de la paix et du travail du PICG, que les gorilles sont actuellement les mieux protégés. Les deux-tiers des gorilles rwandais sont « habitués » à la présence humaine.

Il faut 2 ou 3 ans pour habituer un groupe selon la méthode mise au point par Diane Fossey et cette technique, qui rend les gorilles facilement observables par le touriste que je suis, contribue à la préservation de l’espèce puisque les fonds récoltés par les visites sont largement redistribués à la population locale – ce qui constitue une protection très efficace contre la pression agraire et le braconnage. La croissance de la population est beaucoup plus rapide au sein des groupes habitués.

A l’inverse, lorsque la situation politique est précaire, un groupe habitué est pratiquement condamné – il ne fuit plus l’homme et se retrouve sans protection contre le braconnage. Actuellement, pas mal de débats sont en cours concernant sur le taux de gorille qu’il convient d’habituer pour protéger au mieux l’espèce en toute circonstance.

Un King Kong miniature

Il faut quand même 2h de marche (à 2 500 m d’altitude) pour rencontrer un groupe de gorilles habitués. On commence par les entendre (écolos jusqu’au bout des ongles, ils mangent du bambou et des feuilles presque à longueur de journée), puis on les devine (derrière les buissons, la forêt est assez dense), enfin c’est eux qui se révèlent à vous.

Dans mon cas, le chef du groupe, un grand dos argenté est apparu à 4 mètres au-dessus de moi, violant allègrement les consignes de sécurité qui interdisent aux gorilles de s’approcher à moins de 7 m des groupes de visiteurs.

Premier contact : le gorille des montagnesIl faisait preuve de beaucoup moins d’intérêt pour moi que celui que j’éprouvais à son égard. Son regard de vieux sage montrait bien que, depuis le temps qu’il était habitué, il avait largement eu le temps de faire le tour de la question « homme » – alors que de mon côté, c’était mon tout premier gorille.

La première idée qui m’est venue à l’esprit a été celle d’un King Kong miniature – je parle du King Kong de la fin du film original de Copper, dont on se rend compte à la fin de la grande sensibilité et qui meurt tué « non pas par des avions, mais par la Beauté ».

Il paraît que certains touristes sont choqués par la taille du gorille, mais l’animal est si doux et si paisible qu’on ne peut pas sérieusement avoir peur de la rencontre. Les jeunes et les adolescents sont assez curieux et ont même une tendance à s’approcher des groupes de visiteurs : le grand dos argenté, imité par les guides du parc, tente tant bien que mal de maintenir une certaine distance.

Le poil des gorilles adultes est absolument magnifique. Pour reprendre une référence cinématographique, on pense à certains films réalisés en images de synthèse (Madagascar, l’Age de Glace) où le directeur artistique a un peu abusé du zoom pour montrer le mouvement poil après poil sur la peau de l’animal – ou bien à certaines publicités L’Oréal où la chevelure luxuriante de Claudia Schiffer, filmée en gros plan et au ralenti, suit en ondulant les mouvements rotatifs de sa tête. Les gorilles sont une sorte de preuve vivante qu’il est inutile d’acheter une bouteille de Longueurs et Pointes pour réaliser cet effet – il suffit de suivre un régime végétarien strict et de s’épouiller de façon quotidienne.

Vie sociale du gorilleContrairement à ce qu’en pense Brassens, le gorille n’est pas un luron supérieur à l’homme dans l’étreinte. Ou alors, il faut que l’homme soit vraiment fatigué. J’ai pu personnellement observer que la durée de l’acte sexuel est d’environ 1 minute et seul le mâle, qui pousse quelques petits cris en fin de course, si je puis dire, semble y prendre un certain plaisir. Je pourrai cependant témoigner, en cas de procès à New York, que la femelle semblait consentante.

La durée de visite est limitée à une heure, ce qui est en fait très long, car on est en immersion totale avec les gorilles (le groupe que j’ai visité comptait une trentaine de membres). Le prétexte officiel est qu’il ne faut pas trop déranger les gorilles. Quand les humains sont là, la situation n’est plus tout à fait naturelle : ils mangent moins et restent quand même toujours un peu sur le qui-vive – expression parfaitement appropriée vu le risque permanent que représente l’homme.

Mais on dit aussi qu’au-delà d’une heure, certains représentants d’élite de l’espèce humaine pourraient bien s’habituer définitivement aux gorilles et ne plus jamais vouloir redescendre. Cette merveilleuse maladie a pour nom « syndrome de Diane Fossey ».

Vous pouvez découvrir plus de photos (83 exactement !) sur notre compte Flickr, ainsi qu’un diaporama.

(1) commentaires pour "Première visite aux gorilles, King-Kong, Brassens et Claudia Schiffer"

  1. L’Echange

    […] crayons et cahiers. Ce matériel a été remis à une école primaire située à proximité de la zone de conservation des gorilles, dans une ambiance digne d’une finale de Coupe de France de foot […]

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