Pourquoi nous serons à Educatice, du 24 au 26 novembre, stand D16

EducaticeJ’ai horreur des salons.

Nous payons des prix indécents pour simplement montrer nos produits pendant 3 jours.

Un salon nécessite une préparation intensive (mobilier jetable, logistique, organisation du stand, etc…) et toute la société est stressée et peu performante pendant les 15 jours qui précèdent le salon. Ces coûts se rajoutent au coût déjà prohibitif du salon lui-même.

Je pense très sincèrement que des salons tels qu’Educatice sont biaisés dans leur organisation. Les conférences, prises de parole, ateliers, etc.. sont soit payantes (nous refusons toujours ce genre d’intervention), soit de fait réservées à des sociétés “influentes” – c’est-à-dire qui prennent de gros stands ou qui ont leurs entrées auprès des “partenaires” (Ministères, Académies…) sur lesquels le salon a besoin de s’appuyer pour faire sa propagande et son marketing.

L’importance du lobbying, on en prend conscience quand on voit qui prend la parole à Educatice.

Pas une fois, il ne nous a été proposé de participer à une conférence ou à un atelier, alors que nous avons quand même équipé plus de 10 000 classes en France à ce jour. Rien que pour ça, notre discours, même s’il est radicalement différent, justement parce qu’il est radicalement différent, mériterait d’être de temps en temps écouté.

Les enseignants, directeurs d’école, conseillers TICE… qui assistent aux différentes conférences ont l’impression de recevoir une information objective ou neutre – voilà ce qui leur est officiellement “offert” – alors qu’en fait, ils entendent au mieux “la voix du parti” et au pire, la voix de l’argent. Cela crée un biais extraordinaire.

Pour corriger cela, il faudrait rendre l’organisation des conférences / ateliers totalement indépendante de l’organisation financière et marketing du salon. Il faudrait aussi indiquer qui a payé pour parler et qui a été invité en tant qu’expert. Et qui travaille ou a travaillé pour qui… Tout ça amènerait un minimum de clarté.

Les trois jours du salon sont eux-même un enfer. Il y a l’installation avec les transporteurs qui sont toujours en retard, toujours agressifs et pressés, et qui laissent le matériel n’importe où – quand ils ne le cassent pas en le déposant (Ça, c’est Paris !).

Les cerbères à l’entrée du salon, dont l’indice de rémunération est probablement lié à leur capacité à vous compliquer la vie. L’électricité qui ne sera pas posée au bon endroit ou qui n’aura pas été branchée, comme chaque année. Et un organisateur rapace qui passe en vous disant gentiment que comme vous n’avez pas réglé 12,65 € à l’heure, sur un total de 10 000 €, vous ne pouvez pas vous installer tant que vous n’avez pas réglé 20 fois cette somme, dans l’urgence.

Non seulement on vous empêche de respirer, mais on vous fait payer chaque bouffée d’air qui vous reste.

Avec une mention spéciale pour ce standiste qui, l’année dernière, est passé tout droit à travers notre stand en écrasant tout le mobilier et qui, lorsque nous lui avons signalé les dégâts, nous a répondu que ce n’était pas lui et que de toutes les façons, il n’y avait aucun témoin !

Pendant le salon lui-même, l’atmosphère est souvent invivable. Même si le marché des technologies pour l’éducation est très prospère, les relations entre exposants sont souvent tendues et j’ai rarement vu un tel décalage entre les discours affichés (améliorer l’enseignement, faire progresser les enfants) et la réalité du terrain (améliorer son bénéfice, faire progresser sa part de marché !).

On voit 50 à 100 prospects par personne et par jour, ce qui fait qu’au bout d’un moment, on ne voit littéralement plus rien. En plus, au bout de quelques années, on se rend compte qu’on voit un peu toujours les mêmes et que finalement, on ne gagne plus vraiment de nouveaux clients à Educatice: on rencontre à nouveau les clients existants !

Sans doute ce phénomène fera-t-il d’ailleurs qu’un jour, nous cesserons d’exposer à Educatice.

En attendant, pourquoi donc allons nous, chaque année, dans cette galère ? Parce qu’Educatice est LE salon dominant en France et qu’il n’y a pas d’alternative.