Tableaux Interactifs : Retour sur l’action du Ministère

J’ai discuté longuement avec Laurent Odic, responsable de la cellule TBI au Ministère de l’Education Nationale, de la situation du TBI en France. Laurent avait lu mon billet écrit il y a 1 an sur le sujet (billet que j’avais complété à la rentrée 2007) et m’a apporté différentes précisions et éléments de réponse supplémentaires :

1) Il apparaît que le Ministère est très satisfait des résultats de l’opération TBI telle qu’elle a été réalisée. « L’impulsion a été donnée », me dit Laurent Odic et « tout le monde sait maintenant ce qu’est un TBI . La demande des établissements est maintenant spontanée ».

2) Mon billet parlait d’une dilution des crédits (j’ai vu des établissements acheter des vidéo-projecteurs, des tablettes graphiques – et même un écran plasma sur des crédits théoriquement attribués aux TBI). Le Ministère a quantifié cette dilution et elle a été relativement faible.

3) Le Ministère insiste sur le fait qu’il a un comportement équitable vis-à-vis de tous les constructeurs de TBI, n’en privilégie aucun en particulier – Laurent m’indique d’ailleurs que bien que ne faisant pas partie des 5 constructeurs qui ont accepté de donner du matériel pour l’expérimentation, nous sommes cités ici (merci !).

4) Le travail d’expérimentation a été, dans un deuxième temps, largement relayé par un travail de communication qui a aussi contribué à faire décoller le marché. (J’en avais d’ailleurs parlé, c’est effectivement une excellente chose).

[Ajout: Voir mes billets pour mes différentes remarques initiales. En synthèse, je juge aussi que l ‘action du Ministère a été très positive, surtout quand on regarde les moyens financiers et humains mis en œuvre, qui n’étaient pas considérables.]

5) Un point technique qui reste : l’expérimentation conclut, quelque part, que « l’utilisation optimale d’un TBI est une utilisation fixe, avec projecteur au plafond, dans une salle de classe où il réside en permanence ». Je ne suis absolument pas d’accord.

Nous vendons 80% de TBI mobiles et 20% de fixes. L’utilité moyenne du mobile est pour moi bien plus importante que le fixe – je conseille toujours un mobile en « premier achat » – parce que :

– Les professeurs pouvant se partager librement le matériel, l’effet d’entraînement et d’impulsion est beaucoup plus important. Avec 3 mobiles, on peut parfois servir tout un lycée alors qu’il faudrait sinon 30 fixes pour le faire.

– L’utilisation du TBI, sauf rares exceptions n’est pas, ne sera jamais une utilisation pour 100% du temps d’enseignement. Aucun pays au monde ne l’utilise ainsi. En fait, le TBI s’utilise en complément du vidéoprojecteur, qui est le plus souvent – sauf établissements riches – un matériel mobile. D’où l’intérêt d’avoir un TBI mobile.

– Le vidéo-projecteur au plafond est effectivement mieux pour résoudre le problème de l’ombre portée. Mais voir le point précédent. D’autre part, si on veut résoudre ce problème, le système idéal est la projection arrière – que nous démontrerons pour la première fois aux Rencontres des Ormes, cette semaine à Marseille.

– L’expérimentation, à ma connaissance, n’a pas été faite avec notre TBI mobile (cette conclusion de l’expérimentation est donc d’autant plus bizarre).

6) Le Ministère lance une nouvelle expérimentation autour du concept de « Classe Mobile ». J’ai déjà parlé de notre collaboration avec le CNAM (j’en reparlerai mardi puisque le CNAM lance aujourd’hui la mallette CLASSMOBIL, qui contient Speechi Share et le TBI mobile). Nous participerons à l’action du Ministère.

[La discussion a eu lieu « à bâtons rompus » et je n’ai pas pris de notes. Je retranscris de mémoire – s’il y a des oublis, je suis ouvert aux modifications. Je suis aussi, évidemment, preneur de données quantitatives.]

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