TBI, TBI de poche, tablettes graphiques : quelques idées simples.

Nous voyons passer de plus en plus de demandes et d’études concernant des tablettes sans fil, pour compléter ou remplacer l’usage d’un tableau interactif.

La question principale qui se pose est:

“Faut-il utiliser une tablette en complément d’un TBI, ou à la place d’un TBI ? – et même, faut-il utiliser une tablette tout court !”.

Nous proposons ce genre de matériel (Trust, Wacom et peut-être un jour Calcomp) et j’aimerais donc bien vous donner notre position “commerciale” et “pédagogique” sur le sujet.


1) Qu’est ce qui fait la spécificité d’un TBI par-rapport à une tablette ?

Ce qui fait la spécificité d’un TBI (ou d’un TBI de poche style eBeam) par-rapport à une tablette sans fil, c’est d’abord la taille de l’écran de projection. Un TBI doit faire au moins 1,20m de diagonale, à mon avis, ce qui a pour conséquence une grande facilité de manipulation et de présentation pour le professeur (ou l’élève appelé au tableau), le tout debout et devant l’audience.

De cette facilité ressortent tous les avantages pédagogiques, qualité de présentation, interactivité, exercices spécifiques au TBI.

C’est important de voir que c’est la taille de l’écran projeté qui permet tout ceci. Si les professeurs recherchaient juste des fonctionnalités et pas un outil de présentation, ils s’orienteraient vers des Tablet PC. (Attention: un Tablet PC n’est PAS une tablette graphique sans fil.. C’est un PC avec un écran sur lequel on peut écrire avec un stylet).

En fait, un Tablet PC, c’est en fait un TBI avec un écran de toute petite taille ! Techniquement, tout ce qu’on fait avec un TBI peut être fait avec un Tablet PC.

La raison pour laquelle les Tablet PC n’ont pas le même impact que le TBI pour l’enseignement, c’est que la taille de l’écran “limite” l’horizon du professeur ou de l’élève qui travaille “le nez sur l’écran”, sans regarder le reste de l’audience ni réellement interagir avec elle, à la différence du TBI.

2) Une tablette sans fil, c’est un Tablet PC dégradé.

A la différence d’un tablet PC, la tablette sans fil n’a pas d’écran. On écrit sur une surface interactive, mais pour voir l’écran, il faut regarder l’écran du vidéoprojecteur, ce qui n’est pas très naturel à mon avis.

Avec la tablette sans fil, on perd donc les deux avantages majeurs du TB et du Tablet PCI:

– interaction directe avec l’écran
– écran de grande taille

3) Autres défauts et avantages des tablettes sans fil

Problème supplémentaire avec la tablette graphique: beaucoup de professeurs la font circuler dans les rangs, parmi les élèves, ce qui entraîne une durée de vie assez courte.

Au final, le principal avantage de la tablette, c’est son coût. Il y a des tablettes à moins de 100 €, alors que nos TBI démarrent à 699 € et qu’en moyenne, les TBI concurrents valent plutôt deux fois ce prix, pour ne pas dire plus.

Mais sur le plan pédagogique, la tablette graphique, c’est pour moi un retour en arrière, que ce soit en complément du TBI ou à la place du TBI. Si vous avez un TBI, c’est un non sens pédagogique de donner une tablette à l’élève: envoyez le donc au tableau !

4) Cadre pédagogique d’usage des tablettes graphiques

Je nuancerai le jugement précédent en mentionnant 2 usages qui à mon avis justifient l’achat d’une tablette:

– le support d’un élève handicapé, qui ne peut pas aller au tableau.
Dans ce cas, la tablette permet de le faire “rentrer” dans la classe de façon extrêmement positive et est un outil totalement indispensable.

– l’enseignement d’une matière spécifique (telle que l’infographie, voir liste assez complète de logiciels spécifiques sur Wikipedia). La tablette est parfaitement adaptée pour l’utilisation de certains logiciels et a en général une grande précision ainsi qu’une sensibilité aux niveaux de pression que n’ont pas tous les TBI.

5) Point de vue commercial

Autour des tableaux blancs sont apparus toutes sortes de technologies (boîtiers de vote, tablettes graphiques) et d’autres vont continuer à apparaître et à étoffer l’offre TBI, à commencer par des outils de “podcast” ou de “videocast”. Ce foisonnement est très positif car il concourt à l’utilisation des technologies de l’information dans l’enseignement – et il permet accessoirement d’augmenter notre chiffre d’affaires.

Mais, du primaire au lycée, ce qui change réellement l’enseignement aujourd’hui, c’est le TBI et rien d’autre. Les choses sont un peu différentes dans le supérieur et dans les entreprises, où les boîtiers de vote, par exemple, ont une vraie raison d’être.

Pour tout dire, je suis toujours un peu consterné lorsque je vois un collège ou un lycée qui “remplace” l’usage du TBI par des tablettes…

La plupart du temps, je trouve en fait qu’ils ont été mal conseillés.

C’est un peu comme si l’équipe de France avait décidé de jouer sans Zidane.