Par Thierry, Lundi, 21 juin, 2010
Catégories :
Politique,
Technologie
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Tableau Interactif.
Un excellent article du Washington Post, le meilleur article critique que j’ai pu lire à ce jour, qui synthétise l’ensemble des critiques circonstancielles que j’ai pu faire dans ce blog sur l’implantation du TBI dans les écoles, à savoir:
- l’absence d’études probantes et indépendantes des constructeurs sur l’utilité des technologies.
« Ces études ont juste une valeur suggestive – et encore, c’est leur accorder beaucoup de considération. » (Steve Ross, professeur en pédagogie à Johns Hopkins University).
- la confusion (de nature démagogique, à mon avis) entre le côté ludique, séduction des élèves et des professeurs et le gain pédagogique
- la nécessité « marketing » pour les écoles, placées de plus en plus en concurrence les unes avec les autres, de s’équiper quel que soit le gain pédagogique réel. (Ce que j’ai appelé « l’affichage forcé de capital scolaire).
« Une façon pour les écoles de s’afficher comme innovantes est de s’équiper du dernier gimmick » (Larry Cuba, Professeur émérite en techniques pédagogiques à Stanford).
- des techniques de lobbying et de commercialisation peu éthiques
Voir dans l’article les critiques du procureur général de l’état de l’Arizona, qui s’est saisi du problème, et les réponses savoureuses d’un vendeur qui déclare, en réponse, que « notre société a modifié son standard éthique ! « . Voir aussi les relations dangereuses que dénonce l’article entre les prescripteurs et les constructeurs (il se passe exactement la même chose en France, mais pas en Suisse, visiblement !).
Une dernière critique, dont je n’ai pas parlé dans ce blog tout simplement parce que je n’y crois pas: les TBI induiraient un mode de pédagogie dit « frontal » (le professeur devant les élèves) et didactique au détriment de l’interaction collaborative (par petits groupes).
Je retrouve ces critiques dans un bon nombre d’articles, par exemple dans l’excellent blog de Bruno Devauchelle ou dans celui, non moins excellent, d’Eric Delcroix.
Pourquoi je ne crois pas à ces critiques méritera un billet un peu plus long. Mais très rapidement, je dirai que le TBI n’a pas ce défaut et que, qui plus est, ce défaut n’est qu’un défaut supposé.
Je ne pense pas, en effet, que le TBI induise tel ou tel mode pédagogique. Il est ce qu’en on fait. Qui plus est, nul n’a réellement prouvé l’avantage des pédagogies dites « non frontales ». On fait du frontal depuis 2500 ans (c’est Aristote qui l’a inventé et il y a des raisons profondes pour ça).
Avec ce genre de position, je me rends bien compte que je vais être critiqué aussi bien par les « amis » (en général très intéressés) du TBI que par ses « ennemis » (en général très dogmatiques) !