Un homme, ça s’empêche.

Le regard du gorilleMon ami Eugène Rutagarama, fondateur du PICG (Programme International de Conservation des Gorilles) vient d’écrire “Le regard du gorille” (Editions Fayard). Les lecteurs réguliers de ce blog savent bien que nous avons ouvert notre capital à hauteur de 10% au PICG en 2010 selon la formule du Capital Altruiste, qui est en fait un don sous forme de capital.

Je viens de recevoir le livre avec une grande émotion. Je ne l’ai pas encore lu mais j’en avais parcouru les premières épreuves il y a un an et je sais qu’une grande partie est consacrée à la vie d’Eugène et de sa famille avant et pendant le génocide du Rwanda, où ses parents, frères et sœurs ont été massacrés.

Je vois souvent les sourires mi-amusés, mi-sceptiques sur le visage de mes interlocuteurs quand, après leur avoir décrit les principes financiers et la supériorité du Capital Altruiste sur les autres formes d’action accessibles aux entreprises, je leur expose l’objet du don, à savoir la préservation des gorilles.

“Tout ça pour ça”, disent les sourires. Encore un doux rêveur qui met ses moyens au service d’un rêve d’enfant, alors qu’il y a des milliers de causes tellement plus urgentes, plus sérieuses, plus proches. La pauvreté, la maladie, la détresse des enfants sont à nos portes, pourquoi aller tenter de résoudre un problème lointain, qui plus est, un problème qui ne touche même pas les être humains ?

A mon grand regret, je n’ai pas de réponse parfaitement adaptée à cette critique. Juste les quelques réflexions ci-dessous.

Il y a effectivement une part personnelle et sentimentale derrière la volonté de sauver les gorilles et j’aurais du mal à me défendre “rationnellement” contre une accusation de pure sensiblerie. Mais le matérialisme, raison pure du siècle dernier, a fait des millions de morts. Et on voit aujourd’hui la soi-disant « logique » économique mettre le monde en grand danger. Il me semble donc important d’essayer les sentiments, pour changer.

Il y a aussi un côté symbolique derrière le choix de cette cause. Comme la baleine blanche, comme le poisson du vieil homme ou les éléphants des Racines du ciel, les gorilles représentent l’humanité tout entière.

Mais quel que soit mon amour pour les symboles et la littérature, je pense que mes motivations profondes, sans lesquelles j’aurais sans doute choisi une autre cause, sont intimement liées au génocide et, par extension, au danger qui pèse aujourd’hui sur tous les hommes.

C’est après avoir lui-même échappé au génocide Rwandais qu’Eugène Rutagarama a mené l’essentiel de son œuvre de préservation. A son retour d’exil, son objectif a été de rassembler la population autour d’un bien symboliquement précieux “pour éviter que le temps du génocide ne revienne“.

Respect de soi et dignité sont deux notions absolument nécessaires à l’Homme pour son futur.

Génocide rwandais et extinction des gorilles sont les conséquences de leur disparition ou tout simplement, comme c’est souvent le cas en Afrique par manque d’école, de leur ignorance.

C’est pourquoi le processus d’éducation mené par l’IGCP dont le but culturel est, grosso modo, de faire comprendre qu’un animal représente parfois plus que sa viande et sa peau est si important. Parce qu’un homme, comme l’écrit Camus confronté au spectacle de la torture et du massacre, “ça s’empêche”.

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Le Capital Altruiste pour les directeurs financiers (Université d’été, 3 juillet)

Merci à Lionel Mailly de m’avoir invité à présenter le Capital Altruiste (théorie et pratique…) à l’Université d’été de la DFCG (Dirigeants Finance et Contrôle de Gestion) le 3 juillet à Lille.

Il est très important pour moi que les directeurs financiers, qui sont les techniciens en charge de la plupart des opérations structurant le capital des entreprises, puissent connaître le principe du Capital Altruiste.

Pour leur culture générale, d’abord, puis, au fur et à mesure que l’idée fait son chemin, pour le mettre en place concrètement dans l’entreprise.

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L’Echange


Sous l’impulsion de leurs enseignants, les élèves de l’école de Bachy (primaire et maternelle) ont rassemblé quelque 10 kg de matériel scolaire avant le voyage, principalement crayons et cahiers. Ce matériel a été remis à une école primaire située à proximité de la zone de conservation des gorilles, dans une ambiance digne d’une finale de Coupe de France de foot !

Je vous mets juste en ligne quelques photos sans trop de commentaires, tellement les photos parlent d’elles-mêmes ainsi que le témoignage d’Anna K. , 7 ans, qui tient à rester incognito.

Muraho,

Je vous écris du parc national de l’Akagera, à l’est du pays, près de la Tanzanie.
Nous avons distribué les crayons dans une école près du parc national des volcans, au nord du pays.
Les enfants étaient contents, ils avaient environ 7 ans -7 ans et demi et apprenaient l’anglais, tous leurs cours étaient en anglais.
Ils apprendront le français dans 2 ans.

Ils étaient très curieux de voir les photos et de nous voir.
Ils portaient un uniforme, les filles le haut bleu clair et une jupe bleu foncée, les garçons portaient un uniforme beige.
Ils étaient environ 50 élèves dans la classe.

Quand nous sommes arrivés, ils ont chanté une chanson en anglais en tapant dans les mains.
Ils ont école soit le matin soit l’après-midi.
Ils ne mangent pas à la cantine et repartent de l’école tous seuls.

Dans la classe, il y a 2 tableaux noirs, pas verts comme celui de notre classe et pas de décoration. (note de l’auteur: et ce ne sont pas non plus des tableaux blancs interactifs, pour la bonne et simple raison que les classes sont sans électricité !)

Ils avaient comme affaires un cahier et un crayon.
Au Rwanda, les animaux sont protégés, il y a une prison pour ceux qui tuent les animaux.
Aujourd’hui, nous avons pique-niqué à la « plage des hippos » en face des hippopotames qui se baignaient.
J’ai vu des élans du cap, des cobes, j’aimerais bien voir des éléphants.

Mwiliwe

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Le Sabinyo Silverback Lodge : Un modèle d’économie solidaire, utile et rentable

Dans le parc des volcans se trouve un hôtel de grand luxe, le Sabinyo Silverback Lodge où vous pourrez, parfois, croiser Bill Gates. Si celui-ci vous ennuie et que vous êtes chanceux, vous pourrez aussi discuter de temps en temps avec l’auteur de ce billet. Le Sabinyo est le seul hôtel autorisé à l’intérieur du parc.

Le modèle économique de ce lodge est remarquable. La gestion de l’hôtel a été confiée à une société privée qui gère de multiples hôtels de luxe en Afrique. 7% du chiffre d’affaires de l’hôtel retourne vers les villages situés en bordure du parc, ainsi que 40 Euros par personne hébergée et par nuit. En gros, cela signifie que 50% de la marge brute de l’hôtel retourne vers la collectivité, sans parler des 100 personnes qu’emploie l’hôtel.

Aujourd’hui, quand on extrait du pétrole au Moyen-Orient ou en Afrique, le taux de retour est de 7% environ.

Ce taux caractérise  une relation économique au pays producteur de type colonial. La seule chose qui a changé depuis le bon temps de la colonisation, c’est qu’on a remplacé la contrainte armée par la corruption, la loi du marché ou tout autre alibi pratique – mais les peuples restent évidemment exploités. A titre de comparaison, le taux de retour obtenu par la Norvège pour l’exploitation de son pétrole est de 70% environ.

Le  taux de retour vers les communautés environnantes de 50% obtenu grâce au travail du PICG est donc tout à fait remarquable, et comparable en tous points à la performance de la Norvège car il n’y a pas, dans le cas de l’hôtel, simple exploitation d’une ressource naturelle mais création ex-nihilo d’une activité de service ce qui est plus complexe – et ne consomme évidemment aucune ressource naturelle.

C’est un exemple presqu’unique, à ma connaissance, d’économie solidaire, profitable et durable dans le domaine du tourisme.

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Voyage chez notre actionnaire au Rwanda

Speechi protège les gorilles avec son actionnaire: l'IGCPSpeechi a adopté en novembre 2009 des statuts de type « Capital Altruiste », ce qui veut dire, concrètement qu’une partie de notre capital – 10% dans notre cas – est détenu par une organisation d’intérêt général.

Nous avons choisi le Programme International de Conservation des Gorilles, ONG rwandaise qui lutte pour la préservation des derniers gorilles des montagnes dans les volcans des massifs du Virunga.

Je suis au Rwanda  cette semaine – c’est ma première visite en Afrique Centrale, avec quatre objectifs :

  1. Mieux comprendre le travail du PICG et développer encore plus, si possible, les liens entre le PICG et Speechi,
  2. Etudier un projet important du PICG que nous allons chercher à financer grâce au levier financier offert par le Capital Altruiste,
  3. Transmettre à une école rwandaise située à proximité de la zone de conservation le don en matériel fait par les élèves de l’école primaire de Bachy, dans le Nord et créer des liens entre ces écoles,
  4. Prendre quelques vacances (bien méritées).

On a connu des visites chez l’actionnaire moins agréables.

Si le point n°4 me laisse un peu de temps libre, j’essaierai de relater assez régulièrement mon voyage dans ce blog et aussi sur un micro-blog, qui sera alimenté en partie par les élèves de l’école de Bachy.

A  ceux que ma prose ennuie, je garantis au moins quelques photos assez exceptionnelles.

A bientôt,

Thierry

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Le Capital Altruiste, la meilleure idée pour réinventer l’entreprise.

L’Entreprise du mois de Mai a sélectionné “30 idées simples pour réinventer l’entreprise” et nous a classé en premier. Merci infiniment à Philippe pour son article, ci-dessous.

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Le Capital Altruiste et Speechi

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