Formation continue, enseignement, e-learning, enseignement nomade…
Je vous renvoie vers le billet d’Eric, où j’ai appris, entre autres, que je faisais du Jakobson sans le savoir !
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Je vous renvoie vers le billet d’Eric, où j’ai appris, entre autres, que je faisais du Jakobson sans le savoir !
Tout les exemples ci-dessous vont bien dans le même sens – en dépit de leur caractère disparate, j’espère que vous en sentirez la cohérence – et illustrent le phénomène mieux aussi bien que mes billets.
Les 3 objets qui peuvent changer l’e-learning (sélectionnés par Susan, l’e-learning Queen) ne sont rien d’autre que des objets nomades (Iphone, Mobile TV, Ultra-portable sans disque dur).
Blackboard perd des clients, (L’auteur du billet, un spécialiste de l’e-learning, se demande ce que cela signifie… Pas besoin de chercher bien loin… Voir par exemple mon billet de 2006 sur “La fin des plate-formes éducatives“).
La première offre 3G d’un opérateur combinée à un ultra-portable (l’ASUS EEE et SFR).
Simultanément, les téléphones mobiles dépassent les PC portables.
Un cours qu’on suit sur son mobile (PowerPoint animé, textes, sons, images et vidéo).
Un vidéoprojecteur nomade qui tient dans la poche.
Dans mon dernier billet sur l’enseignement nomade, j’écrivais que “former revient à donner de l’information et à vérifier qu’elle a été bien comprise” et je décrivais ensuite quelques “liens” de vérification possibles – le plus connu étant la simple observation des élèves par le professeur:
le professeur a l’impression qu’un élève est en difficulté et répète sa phrase (lien instantané, individuel, virtuel, imaginaire – il s’agit d’une simple impression du professeur, peut-être se trompe-t-il).
Olivier, en commentaires, signalait que ce lien était aussi le plus complexe à réaliser dans le cadre d’une formation à distance.
Des chercheurs néo-zélandais ont (donc) développé un système de tutorat intelligent qui cherche à comprendre l’état émotionnel des élèves. Il s’agit “de créer un professeur virtuel capable de lire et de comprendre le langage corporel et les expressions faciales des étudiants pour s’assurer qu’ils sont bien attentifs“.
C’est très significatif de voir que le lien dont je parlais fait l’objet de recherches… dans le succès desquelles, par ailleurs, je ne crois pas du tout.
Enfin, si tout va bien, on intégrera peut être quelques retombées dans la version 2099 de Speechi…
Via SmartMobs.
J’aimerais revenir sur une question centrale qui m’a été posée en commentaires par ocarbone (Olivier).
J’ai beaucoup parlé d’information et je pense que tout le monde est maintenant plus ou moins d’accord sur les rapports entre histoire de l’information et nomadisme.
Mais ce qui nous préoccupe au final, c’est l’enseignement, la formation, pas l’information.
Comme le fait remarquer Olivier:
“Rien n’assure le “consommateur” qu’il comprend l’information à laquelle il accède. L’information transmise par un support inanimé est-elle automatiquement transformée en savoir ? Posséder un livre de cours suffit-il pour se passer des professeurs ?”
Dans mon billet précédent, je décrivais la loi, pour moi d’application très générale de l’histoire de l’information puisqu’elle est se vérifie depuis 5 000 ans. Pour des raisons mnémotechniques et narcissiques, appelons-la “loi de Klein”.
Plus le support de l’information est léger, petit, lisible, transportable, copiable, partageable, bref, plus le support est nomade, plus l’information et le savoir se répandent.
Puis, je parlais d’une exception tout à fait exceptionnelle de cette loi, qui ne s’étend que sur 40 années, mais qui a pour nous une grande importance puisqu’il s’agit d’un exception en cours. Pour des raisons qui tiennent à ma modestie naturelle, appelons cette exception “exception de Klein” et notons pour les générations futures tout le mérite qu’il y a, pour le scientifique, à découvrir une loi générale et une exception notable à cette loi au sein d’un même billet: le combat pour la Vérité n’a décidément pas de prix.
Depuis 40 ans, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la réduction du volume de l’information, la facilité à la recopier, à la partager, n’est pas corrélée à 100% avec son utilité. La raison principale de cette limitation, c’est que l’information a été tellement réduite qu’elle n’est plus aussi accessible ou lisible par l’être humain.
L’ebook est pour moi une illustration intéressante à la fois de la loi et de l’exception de Klein. Les premiers ebooks sont apparus il y a un petite dizaine d’années. A l’époque, il s’agissait de “simple” écrans digitaux, comparables en tous points à des écrans d’ordinateurs portables. Ces ebooks ne se sont pas imposés sur le marché (voir en France, l’exemple de Cytale, que j’ai suivi d’assez près). Palm, Apple, Microsoft ont eu diverses initiatives aussi dans le domaine, qui ont aussi échoué.
(Suite…)
Une loi universelle régit l’histoire de l’information, depuis l’invention de l’écriture.
Plus le support de l’information est léger, petit, lisible, transportable, copiable, partageable, bref, plus le support est nomade, plus l’information et le savoir se répandent.
Gravé dans la pierre, le savoir se répand moins vite qu’inscrit sur un rouleau ou un parchemin. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles Moïse n’hésite pas à briser les tables de la loi, pourtant gravées par le doigt de Dieu (ne pas confondre avec la main de Dieu).
Le savoir des pierres s’envole, le savoir des feuilles reste.
Le succès du livre – ou de son ancêtre, le codex – est lié au fait qu’à volume égal, un livre contient 100 fois plus d’informations qu’un rouleau – et que cette information est aussi cent fois plus accessible. Le livre est au rouleau ce que le disque dur est à la bande magnétique – les geeks me suivent ?