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La part de marché des TBI mobiles eBeam augmente dans le monde entier

Rafi Holtzman, Président de LudiaVoir l’article du San Francisco Business Times du 9 juillet.

Dans aucun autre pays du monde, la pénétration du TBI mobile n’est aussi forte qu’en France.

J’en suis extrêmement fier car, même si la qualité des TBI nomades eBeam est très grande, c’est aussi largement dû à notre approche spécifique autour de la mobilité et aux produits complémentaires que nous avons intégrés au TBI mobile pour valoriser les usages nomades, tels que l’ITsac ou la Speechicam.

De fait, le domaine de l’enseignement nomade est le seul où la France ait une avance par-rapport aux autres pays européens et anglo-saxons. Cela prouve qu’avec quelques idées claires et un peu d’opiniâtreté, on peut vraiment changer les choses, même avec une petite équipe et relativement peu de moyens.

Et qu’à l’inverse, beaucoup de moyens sans idées ne mèneront à rien.

Même en France, l’enseignement nomade n’a pas fini de progresser, loin de là. Quand je vois les avantages d’usage qu’il apporte, ainsi que les gains économiques, je pense qu’à terme, il représentera plus de la moitié du marché.

Et que, comme nous l’ont dit des visiteurs sur un salon, « Le TBI fixe, c’est dépassé » !

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Les tableaux interactifs sont-ils utiles à l’enseignement ?

Un excellent article du Washington Post, le meilleur article critique que j’ai pu lire à ce jour, qui synthétise l’ensemble des critiques circonstancielles que j’ai pu faire dans ce blog sur l’implantation du TBI dans les écoles, à savoir:

  • l’absence d’études probantes et indépendantes des constructeurs sur l’utilité des technologies.

    « Ces études ont juste une valeur suggestive – et encore, c’est leur accorder beaucoup de considération. » (Steve Ross, professeur en pédagogie à Johns Hopkins University).

  • la confusion (de nature démagogique, à mon avis) entre le côté ludique, séduction des élèves et des professeurs et le gain pédagogique
  • la nécessité « marketing » pour les écoles, placées de plus en plus en concurrence les unes avec les autres, de s’équiper quel que soit le gain pédagogique réel. (Ce que j’ai appelé « l’affichage forcé de capital scolaire).

    « Une façon pour les écoles de s’afficher comme innovantes est de s’équiper du dernier gimmick » (Larry Cuba, Professeur émérite en techniques pédagogiques à Stanford).

  • des techniques de lobbying et de commercialisation peu éthiques
  • Voir dans l’article les critiques du procureur général de l’état de l’Arizona, qui s’est saisi du problème, et les réponses savoureuses d’un vendeur qui déclare, en réponse, que « notre société a modifié son standard éthique ! « . Voir aussi les relations dangereuses que dénonce l’article entre les prescripteurs et les constructeurs (il se passe exactement la même chose en France, mais pas en Suisse, visiblement !).

Une dernière critique, dont je n’ai pas parlé dans ce blog tout simplement parce que je n’y crois pas: les TBI induiraient un mode de pédagogie dit « frontal » (le professeur devant les élèves) et didactique au détriment de l’interaction collaborative (par petits groupes).

Je retrouve ces critiques dans un bon nombre d’articles, par exemple dans l’excellent blog de Bruno Devauchelle ou dans celui, non moins excellent, d’Eric Delcroix.

Pourquoi je ne crois pas à ces critiques méritera un billet un peu plus long. Mais très rapidement, je dirai que le TBI n’a pas ce défaut et que, qui plus est, ce défaut n’est qu’un défaut supposé.

Je ne pense pas, en effet, que le TBI induise tel ou tel mode pédagogique. Il est ce qu’en on fait. Qui plus est, nul n’a réellement prouvé l’avantage des pédagogies dites « non frontales ». On fait du frontal depuis 2500 ans (c’est Aristote qui l’a inventé et il y a des raisons profondes pour ça).

Avec ce genre de position, je me rends bien compte que je vais être critiqué aussi bien par les « amis » (en général très intéressés) du TBI que par ses « ennemis » (en général très dogmatiques) !

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Un idéal, un chemin

Je relis l’appel du 18 juin.

Ce qui est sidérant, c’est que de Gaulle, dans un texte qui ne fait pas plus de 30 lignes, analyse non seulement les raisons de la défaite mais donne aussi toutes les causes de la victoire finale: la présence de l’empire franco-britannique, la force industrielle et mécanique des Etats-Unis.

On l’oublie aujourd’hui mais de Gaulle lui-même ne peut croire, au moment où il lance son appel, que son hypothèse est la plus probable. La France est perdue, l’issue de la bataille d’Angleterre est pour le moins douteuse, l’entrée en guerre des USA bien moins envisageable qu’une paix séparée entre l’Angleterre et l’Allemagne.

Cet appel est une rationalisation a posteriori. Il y a d’abord le sursaut moral, le refus de la défaite. Vient ensuite le besoin politique d’un chemin, d’une voie, aussi étroite et peu probable soit-elle, qui puisse conduire au succès.

Si un tel chemin n’existait pas, l’appel du 18 Juin ne serait qu’une utopie criminelle – qui conduirait des milliers d’hommes à une mort inutile.

D’abord l’idéal, qui vient du cœur et ensuite le chemin, qui vient de l’intelligence. J’y ai souvent pensé, à mon niveau, quand j’ai décidé de lancer le Capital Altruiste.

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Propagande en deçà des Alpes, information au delà.

En France, j’en parle souvent, on présente le tableau interactif comme un outil indispensable, qui améliore, de façon tout à fait certaine, les résultats des élèves.

Cela donne le rapport Fourgous (ma critique de ce rapport) ou des pages de l’agence des usages TICE, qui présentent juste les points positifs de quelques études menées sur le sujet.

Tout ça, je l’appelle propagande.

En Suisse, cela donnes des pages beaucoup plus mesurées, objectives, utiles à la réflexion: voir le dossier « enseigner avec le TBI », publié par educa.ch, où on peut lire, entre autres:

Plusieurs études rendent également compte d’une augmentation de l’attention et de la motivation chez les élèves , même si l’enthousiasme de la nouveauté pourrait s’avérer de courte durée.

Certains établissements scolaires ont déjà choisi de s’équiper, avec bien souvent comme seuls référents les constructeurs et revendeurs de ces équipements. Les implications que pourrait avoir cette nouvelle technologie dans une salle de classe sont aujourd’hui questionnées par les chercheurs.

ou, en conclusion:

Il convient de préciser qu’aucune étude expérimentale n’a pu encore démontrer d’effet significatif et durable sur les performances scolaires à long terme des élèves suite à l’introduction de tableaux blancs interactifs dans leur classe.

Là, on est dans le domaine de l’information.

Tant qu’on sera dans le registre de la propagande, de l’effet d’annonce, les investissements numériques n’ont que peu de chance d’être efficaces en France.

La propagande est beaucoup plus dangereuse pour notre système éducatif que l’absence de TBIs en classe – et beaucoup plus significative sur son mode de fonctionnement.

(Tout ceci écrit sans cracher dans la soupe).

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Selon la Cour des Comptes, l’Education Nationale navigue à vue

On croirait le paragraphe ci-dessous tout droit sorti de mon blog. Mais non ! C’est juste une des conclusions du rapport de la Cour des Comptes.

Plusieurs instances sont chargées en France de l’évaluation du système scolaire (inspections générales et direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère, Haut conseil de l’éducation), mais leur influence est limitée par plusieurs éléments : le Haut conseil de l’évaluation de l’école a été supprimé ; un refus a pu être parfois opposé à la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance et aux inspections générales de publier certains résultats (c’est quand même énorme !) ; enfin le ministère ne tire pas suffisamment les conséquences des évaluations dont il peut disposer.

Je suis très pessimiste pour ce qui est du numérique. Ce n’est pas tant que les politiques sont si inconséquentes. Mais sans évaluation adaptée permettant de corriger les erreurs, elles resteront totalement inefficaces.

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Comment l’IPAD contribue au rétrécissement du savoir

« Avec les iPods, Ipads, Xbox et autres Playstations, l’information devient une distraction, un détournement, une forme d’amusement vain, plutôt qu’un outil qui ouvre des possibilités, qui permet une vrai émancipation.« 

                                  Barack Obama, Président des Etats-Unis, 10 mai 2010.

Il se trouve qu’Obama emploie presqu’exactement les mêmes termes que ceux que j’ai utilisés dans ma tribune parue dans Libération : » Comment Google contribue au rétrécissement du savoir« .


« En réalité, celui qui va sur Internet rentre dans une entreprise de distraction, au sens premier du terme, qui est celui de détournement. Au bout de quelques minutes, il a toutes les chances de se retrouver à faire autre chose que de la recherche (lire la bourse, les résultats sportifs, chatter sur MSN…). »

                                  Thierry Klein, Président de Speechi, 30 septembre 2009.

Quelques réflexions en vrac.

  1. Je vous le promets, ce n’est pas moi qui rédige les discours d’Obama.
  2. J’ai reçu plusieurs dizaines d’emails suite à la parution de ma tribune dans Libé. Presque personne n’était d’accord avec le contenu de mon article et ceux qui étaient d’accord l’étaient pour de mauvaises raisons, ce qui est encore plus consternant.
  3. La grande majorité des utilisateurs des TICE (acteurs compris) confondent totalement le potentiel des technologies (la « promesse ») et l’utilisation réelle qui en est faite en général (le jeu, et surtout le détournement publicitaire).
  4. La force des déclarations d’Obama: elles proviennent d’un dirigeant informé qui baigne dans le monde des TICE. Il ne s’agit nullement d’un déficit de compréhension (Obama est à Internet ce que Kennedy a été à la télé). Au contraire, c’est parce qu’il comprend exactement ce qui se joue qu’il parle ainsi.
  5. Il est impossible qu’un dirigeant politique français adopte ce discours. La plupart ne connaissent rien au TICE et vont s’abstenir de toute déclaration trop précise; les plus évolués sont encore tout fascinés par la vision de leur doigt qui glisse si gracieusement sur l’écran glacé de leur Iphone. Avoir un blog, un iPhone ou tout simplement avoir engagé de larges dépenses dans le domaine permet encore aujourd’hui à tout homme politique français d’être reconnu comme « expert » ou « visionnaire ».

Une vision politique des technologies

Quelles en sont les conséquences pour l’éducation ?

La politique éducative en matière de technologie numérique, au sens noble du terme, doit avoir pour but unique de réduire le décalage que j’évoquais plus haut entre « la promesse » et l’utilisation réelle, moyenne, statistique, des technologies numériques (aujourd’hui, une vraie catastrophe).

Il faut autant que possible éviter la distraction, le détournement que mon ami Barack et moi dénonçons. Restreindre la présence publicitaire et le côté purement ludique (je ne parle pas des jeux éducatifs de type « serious games », je parle de « l’entertainment », terme exact employé par Obama).

Cela pourrait aller jusqu’à interdire Google dans les écoles, tant que des versions non publicitaires ne sont pas mises à disposition des élèves, ou autoriser des Kindle (qui servent uniquement à la lecture) plutôt que des IPads (qui servent à jouer) à l’école. D’une façon générale, les applications « gratuites » dont le revenu est basé sur la publicité devraient sans doute être bannies de l’école.

(On peut critiquer la position de la Chine, qui bannit Google au prétexte qu’il ne respecte pas la censure politique. Mais cela prouve qu’au moins la Chine a une vision politique cohérente du numérique et de ce qui s’y joue. Cette vision est inexistante en France).

Le discours d’Obama (à partir de 7mn 52 s):

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Fourgous est plus intelligent que son rapport, Speechi à Rennes et des excuses.

Un très bon article sur le piège du numérique (via le Café Pédagogique).

Je suis à peu près en phase avec les arguments et les exemples employés, mais je trouve qu’il y a une contradiction inhérente à développer ces arguments et à se prétendre simultanément « enthousiaste avec le rapport Fourgous » comme le fait Pierre Frackowiak.

Heureusement, je pense que 100% des gens qui se prétendent enthousiastes avec le rapport ne l’ont pas lu. Si on le lit, et à supposer qu’on puisse être d’accord, l’enthousiasme ne peut que disparaître irrémédiablement au profit d’un profond ennui.

Fourgous lui-même est intervenu à Rennes lors des Rencontres du Numérique où j’ai passé les 2 derniers jours et j’ai trouvé que ce qu’il disait était nettement au dessus de son fameux rapport : beaucoup moins affirmatif, plus nuancé, plus crédible.

Je suppose donc qu’il n’a pas non plus écrit 100% de ce rapport, ce qui est tout à son honneur. si ça se trouve, il ne l’a même pas lu, ce qui montrerait qu’en plus il a le sens de l’humour.

J’aurais pu être d’accord avec tout ce qu’a affirmé Fourgous hier à l’exception des deux points ci-dessous:

(Suite…)

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« Vous crachez dans la soupe »

CharlatanJe reçois pas mal d’emails, suite à mon billet sur le rapport Fourgous qui me reprochent de dénigrer les TICE alors que Speechi les vend. Comme toujours, il y en a de très intéressantes et puis certaines, assez ordurières, relativement anonymes (passons…). Pour l’un des lecteurs, certainement très passionné de ce blog, je « crache dans la soupe ».

Pour que les choses soient claires, je pense que les technologies peuvent être réellement utiles à l’école. J’ai créé Speechi il y a 6 ans (déjà !) autour de l’impression que ces technologies allaient être de plus en plus diffusées – particulièrement sous leur forme nomade.

J’aimerais que Speechi, dans la mesure de nos moyens, permette qu’elles soient de plus en plus utiles et si je suis critique sur le rapport, c’est avant tout à cause des vertus proprement délirantes qui leur sont attribuées, et ce en l’absence totale d’évaluation des effets de ces technologies.

Si l’effet clinique des médicaments n’étaient pas confirmé, serait-ce ne pas croire à la médecine que de critiquer les médicaments ? Au contraire, une évaluation stricte, impartiale, « en double aveugle » des effets cliniques est imposée. Et au final, c’est cette démarche qui différencie la médecine du charlatanisme.

On peut comprendre que dans la phase de démarrage d’une activité, l’innovation prime sur l’analyse et l’évaluation – Pasteur inocule son premier vaccin sur une simple conviction non fondée. Mais très rapidement, les effets doivent pouvoir se montrer, sinon tous les acteurs du secteur, Speechi compris, ne sont que des charlatans.

C’est donc en fait exactement le contraire: ce n’est pas si on doute du numérique à l’école qu’il faut l’évaluer. Il faut l’évaluer si on y croit.

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Les TICE aux Pays des Merveilles

Je me suis « coltiné » à peu près 50% du rapport Fourgous ces dernières semaines – j’emploie le mot « coltiné » pour rester poli, tellement ce rapport est indigeste.

Je dois être une des seules personnes au monde à en avoir lu presque la moitié, je vous assure que ça tient de l’exploit, c’est ma performance du mois, un peu comme si j’avais couru un 100 m en 10 secondes ou si j’étais resté 6 mn sous l’eau sans respirer. D’ailleurs, c’est un peu ce que je ressentais à la lecture des phrases du rapport: « est-ce que je vais tenir jusqu’à la fin sans mourir (d’ennui) ? ».

L’histoire retiendra donc qu’Einstein a changé l’histoire de la physique avec un papier de 10 pages mais que Fourgous n’a rien changé du tout avec un pavé de 326 pages. Comme quoi, avant de s’intéresser aux TICE, un peu de bonne vieille instruction classique ne nuit jamais et aurait peut être permis au(x) rédacteur(s) d’apprécier les mérites de la concision et de la clarté. (Je sais, cher lecteur, tu penses toi aussi que l’introduction de ce billet est bien trop longue ! Pourtant tu vas poursuivre sa lecture le sourire aux lèvres – et crois moi, tu apprendras bien plus en lisant ces quelques lignes qu’en consultant le rapport Fourgous, même si, à ton grand regret, leur auteur n’est pas non plus Einstein !).

(Suite…)

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Evaluer les effets de l’Ecole Numérique avec la méthode aléatoire

Claude Thélot, ancien directeur de l’évaluation du Ministère de l’Education Nationale, identifie dans son blog 3 conditions pour qu’une évaluation soit « utile et crédible »:

  • elle doit être non biaisée au départ (ce qui veut dire qu’elle n’est pas conduite par la direction qui a en charge la politique évaluée),
  • absolument indépendante dans le choix des outils, des critères, de sa communication (le ministre étant – très théoriquement – le garant de cette indépendance)
  • enfin, elle doit respecter un certain nombre de critères scientifiques d’étude qui garantissent son sérieux.

Aujourd’hui, alors que l’Etat a décidé d’équiper, directement ou indirectement à travers les collectivités locales, des dizaines de milliers d’écoles en ordinateurs, tableaux interactifs et outils numériques divers, il n’existe toujours pas d’étude indiscutable (ou simplement sérieuse) qui évalue réellement les avantages de ces technologies dans un cadre éducatif.

J’irai même plus loin, il n’existe pas d’étude dans le domaine qui satisfasse ne serait-ce qu’un seul des critères énoncés ci-dessus !

95% des études sont biaisées au départ (écrites par ou pour un des acteurs du marché du numérique). 100% des études que j’ai pu lire ont une crédibilité scientifique absolument nulle !

L’évaluation de la politique numérique reste à faire, en France comme ailleurs.

Les méthodes proposées par Claude Thélot (l’évaluation de masse) nécessitent des moyens importants et peuvent sembler trop lourdes à mettre en oeuvre dans le domaine du numérique.

Mais depuis quelques années, une chercheuse française, Esther Duflo, a utilisé la méthode aléatoire pour évaluer les effets des politiques de lutte contre la pauvreté avec des résultats remarquables.

La méthode aléatoire repose sur des évaluations faites sur des petits groupes dont les caractéristiques sont identiques au départ. Un de ces petits groupes adopte un « processus nouveau » (par exemple on lui propose d’avoir accès au micro-crédit) et on compare ensuite, sur des critères précis, la performance de ces groupes (leur richesse, leur taux d’équipement, d’épargne, etc…).

Il est stupéfiant de constater qu’avec des moyens très faibles , la méthode aléatoire a donné, en Inde, plus de renseignement sur les usages du numérique que dans tous les pays développés !

« Lorsque l’on compare les écoles équipées en informatique avec les autres, on constate que les élèves ont de meilleurs résultats dans les premières. Mais est-ce vraiment dû aux ordinateurs ? La différence de résultats ne s’explique-t-elle pas plutôt par le fait que ce sont généralement des écoles urbaines, déjà relativement favorisées, qui sont équipées en ordinateurs ? Une expérimentation permet d’isoler l’impact réel des ordinateurs. Dans une ville indienne, toutes les écoles en étaient équipées, mais généralement, ils restaient dans leur boîte, parce que les enseignants n’étaient pas formés ou ne disposaient pas des logiciels appropriés. Nous avons sélectionné un groupe d’écoles de manière aléatoire et avons mis à leur disposition un formateur et des logiciels de mathématique, de sorte que tous les enfants bénéficiaient de quelques heures d’informatique par semaine. Un an plus tard, nous avons comparé les performances. Les écoles qui avaient pu utiliser les ordinateurs recueillaient de meilleurs résultats en mathématique. De nombreuses expériences peuvent être menées dans le domaine de l’éducation, permettant de tester l’impact de facteurs fort divers. Une étude a par exemple montré que l’embauche d’une personne chargée du soutien scolaire a un impact équivalent à l’achat d’ordinateurs, tout en étant bien moins onéreuse.« 

Ne serait-il pas intéressant d’avoir un début de réponse à toutes ces questions pour la France ?

La méthode aléatoire permet d’obtenir des résultats rapides de façon peu coûteuse et à partir de là, d’infléchir les politiques.

En mesurant l’efficacité relative de différentes mesures, les expérimentations aident les décideurs à mieux dépenser l’argent public.

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